Airparif dresse le bilan de l’air que nous avons respiré l’an dernier au dessus de l’Ile-de-France. Deux nouvelles, une (assez) bonne, une (franchement) mauvaise. On commence par la plutôt positive. D’après l’organisme, la « tendance pour la qualité de l’air est globalement à la poursuite de l’amélioration en 2007 ». D’une manière générale, plus on s’éloigne du trafic routier, mieux ça vaut. Loin du trafic, une baisse régulière du dioxyde d’azote est ainsi observée dans l’agglomération parisienne depuis plusieurs années (-25 % entre 2000 et 2007). 2007 confirme cette tendance avec la moyenne la plus faible depuis 1992. En revanche, dès que l’on mesure ces taux le long des rues, la tendance est assez stable (-1 % entre 2000 et 2007) avec, précise Airparif, « de forts niveaux de pollution, deux fois supérieurs à la réglementation ». Airparif estime ainsi que près de « 3,4 millions de Franciliens ont été exposés à un air dépassant l’objectif de qualité annuel, principalement à Paris et en proche banlieue nord ».
Pour l’ozone, la valeur moyenne annuelle de l’an dernier est la plus faible enregistrée depuis 2002, en raison, précise Airparif, « de conditions météorologiques peu propices à la formation d’ozone durant une grande partie de l’été 2007 ». Bref, on a eu du bol que l’air soit brassé lors de cet été tristounet (été pourri = vacances pour nos poumons). Ne vous réjouissez quand même pas trop vite au sujet de l’ozone car, d’après Airparif, « les niveaux moyens de l’agglomération ont quasiment doublé depuis quinze ans ». L’objectif de qualité annuel relatif à la santé (120 mg/m3 en moyenne sur 8 heures) est ainsi dépassé dans toute l’Ile-de-France comme chaque année. Enfin, si le bilan de la procédure d’information et d’alerte est plutôt faible (5 épisodes en 2007 contre 9 en 2006 et 8 en 2005), avec des épisodes de pollution localisés essentiellement en avril et à la fin décembre, c’est parce que la météo, comme nous le disions plus haut, a été globalement propice à la dispersion des polluants. Là où les choses se gâtent vraiment, toujours d’après Airparif, c’est du côté des particules* qui « ont connu cette année une hausse sensible des niveaux qui ont pour la première fois dépassé la réglementation même en situation éloignée du trafic, et plus seulement le long de la circulation comme tous les ans dans l’agglomération ». On peut ainsi dire que l’année 2007 a été celle des particules fines. Sur l’autoroute A1 par exemple, le seuil critique a été dépassé 220 jours en 2007 contre 126 jours en 2006 (le niveau dudit seuil ayant été dans le même temps sévérisé).
* « Sur le long terme, les particules les plus fines (2,5 microns) sont associées à un accroissement des symptômes des voies respiratoires et des maladies respiratoires obstructives chroniques, une réduction de la capacité respiratoire chez l’enfant, une augmentation de la mortalité cardio-pulmonaire et du cancer du poumon chez l’adulte. Il ne faut pas non plus sous estimer les plus grosses particules (PM10). A court terme, elles peuvent induire des effets sanitaires aigus : réactions inflammatoires des poumons, symptômes respiratoires, manifestations cardiovasculaires, accroissement de la prise de médicaments, des hospitalisations et de la mortalité. » Sylvia Medina, épidémiologiste à l’InVS (Institut de veille sanitaire), in Airparif Actualités. Le chercheur qui considère que « l’effet de la pollution est relativement faible si on le compare au tabagisme actif. Mais il est du même ordre de grandeur que le tabagisme passif ». A noter en outre que l’association Ecologie Sans Frontiere a émis une pétition qui concerne les microparticules des diesels : http://ecologienofrontiere.free.fr/

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