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Dans Paris


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Christophe Honoré est ce que l’on pourrait appeler un artiste complet puisque tout ce qu’il touche se transforme en "génie" - selon les critiques enthousiasmés tout du moins. Sans grand bruit, mais avec beaucoup de talent, le breton d’origine a déjà à son actif plusieurs contes pour enfants, une autobiographie, quelques films sulfureux (Ma mère, 17 fois Cécile Cassard) et désormais, un petit chef d’oeuvre, Dans Paris. Et dans ce film là, oui, on peut parler de génie sans rougir.
En réutilisant tous les codes de la Nouvelle Vague, Christophe Honoré rend d’abord hommage au cinéma d’hier qu’il remet au goût du jour, dans une fable contemporaine extrêmement moderne malgré ses allures seventies. Le Paris qui est filmé ici n’est pas celui des cartes postales ni d’Amélie Poulain mais plutôt celui des Demi, Godard, Truffaut et autres pères spirituels. On y rencontre, le temps d’une journée, Paul, magnifiquement interprété par Romain Duris, trentenaire dépressif qui trouve refuge dans le cocon familial de son enfance pour faire le vide. Malgré son sujet sombre, Dans Paris est un bijou d’humour et de tendresse, un recueil de références cinématographiques parfaitement maîtrisées, une succession de dialogues poétiques et pointus qui ne craignent pas d’être taxés de "littéraires", critique ultime en cinéma... C’est au final une comédie inclassable qui séduit autant qu’elle déroute. Le spectateur est bousculé dans ses codes habituels, fait assez rares au cinéma pour être souligné. Pour cette raison et beaucoup d’autres encore, pour Romain Duris, pour la bande son, pour voir Guy Marchand - Nestor Burma - en papa poule qui ne quitte pas sa robe de chambre, pour savourer l’héritage truffaldien, pour se prouver que le cinéma français se renouvèle encore, il faut courir voir Dans Paris.

Ludivine Le Goff


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vendredi 13 octobre 2006