C’est le plus ancien jamais découvert à Paris. Un site de peuplement remontant à plus de 9.000 ans, a été mis au jour dans le XVe arrondissement près de la Seine.
Une équipe de préhistoriens de l’Inrap* exhume les traces ténues des derniers chasseurs-cueilleurs de la préhistoire. Sur prescription de l’État (Drac Île-de-France), cette fouille de 5000 m² est réalisée sur l’emprise d’un futur centre de tri de collectes sélective, rue Henry-Farman.
La Seine, aujourd’hui à 250 m du site, empruntait il y a 10 000 ans un bras plus ancien repéré sous l’héliport. Ce site, sur la rive gauche, est le premier jamais fouillé pour la période Mésolithique (9000-5000 avant notre ère) à Paris. Sa position en bordure du fleuve a favorisé la conservation des occupations humaines préhistoriques, scellées par plusieurs générations de limons de débordement de la Seine.
Il y a 9 000 ans
Chasseurs-cueilleurs nomades, les hommes du Mésolithique ont établi sur ces berges leurs haltes de chasse à plusieurs reprises. Ils y ont abandonné des silex taillés et des fragments d’os d’animaux probablement consommés sur place. Ces vestiges mais aussi un foyer laissent présumer des bivouacs de quelques jours à plusieurs semaines.
Boucherie, grattage des peaux pour la confection de vêtements ou de tentures ont été pratiqués sur place à l’aide de grattoirs et d’éclats.
De nombreux déchets de silex révèlent que les hommes y ont surtout renouvelé leur panoplie de pointes de flèches.
Selon la responsables des fouilles, Bénédicte Souffi, les peuplades d’alors venaient là pour prendre la matière première, le silex des alluvions de la Seine, et taillaient sur place les pointes de flèche, qu’ils fixaient ensuite à l’aide d’une résine à une hampe de bois.
Si les galets de silex issus des alluvions de la Seine ont été privilégiés, des grès provenant d’affleurements tertiaires de Meudon ou Clamart ont été acheminés sous forme de blocs ou de préformes pour produire des outils prismatiques. La fonction de ces outils est inconnue, elle pourrait toutefois être liée à la production des pointes de flèches en silex ou de leur hampe de bois.
Parmi les milliers de pièces recueillies sur le site, les archéologues ont trouvé des fragments d’os qui permettront d’affiner la datation de l’occupation et de déterminer quelles étaient les espèces chassées.
Dans un paysage tempéré où la forêt remplace la steppe glaciaire, où le cerf et le sanglier succèdent au renne et au mammouth, l’arc, apparu vers 12000 avant notre ère l’arc, est l’arme de prédilection des chasseurs mésolithiques. C’est durant cette période que l’industrie lithique tend au microlithisme.
Le seul autre site connu du Mésolithique en Ile-de-France se trouve à Rueil-Malmaison.
*L’Inrap a été créé en 2002 en application de la loi sur l’archéologie préventive. L’institut assure la détection et l’étude du patrimoine archéologique touché par les travaux d’aménagement du territoire. l exploite et diffuse l’information auprès de la communauté scientifique et concourt à l’enseignement, la diffusion culturelle et la valorisation de l’archéologie auprès du public. Sa création traduit l’importance prise, depuis les années 1970, par la recherche archéologique en France et témoigne de la volonté de l’État de soutenir l’exercice de cette mission de service public d’intérêt général.
Le site sera ouvert au public le 28 juin, au 62 rue Henry-Farman, Paris XVe, de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
Crédit photo : Gliksman, Inrap

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