Etude : conducteurs de deux-roues et automobilistes "ne se comprennent pas"

par Neel Chrillesen, 5 octobre 2009

... et les scooters sont considérés comme étant les plus dangereux de tous les moyens de transport.

Certes, on n’avait pas besoin d’une étude pour comprendre que la cohabitation des deux-roues et des voitures ne se passe pas sans heurts - et cela dans tous les sens du terme. Toutefois, l’étude réalisée par TNS Sofres pour GEMA Prévention auprès de 600 conducteurs de deux-roues donne une image plus précise de ceux qui se cachent derrière le casque.

Ils roulent sur quoi ?


Le parc deux roues se distribue en trois classes de cylindrées équilibrées, 60 % de motos et 40 % de scooters :
- 34 % inférieures à 125cc
- 29 % de 125cc
- 37 % supérieures à 125 cc. Il compte 60% de motos et 40% de scooters.

38 ans en moyenne et de sexe masculin


L’âge moyen du conducteur de deux roues est de 38 ans et l’ancienneté moyenne de conduite de 11 ans.
Seulement 27 % des conducteurs de deux roues sont des femmes.

Cinq profils différents


L’étude a identifié cinq profils de conducteurs de deux roues. Ils se répartissent selon deux dimensions clés : leur type de conduite (prudente/à risque) et leur conception du deux roues (plaisir/utilitaire) :
- "Les passionnés" : représentent 22 % des conducteurs de deux roues. Ils sont orientés "plaisir, passion" et "conduite à risque" (vitesse). En très forte proportion motards, conducteurs de grosses et très grosses cylindrées, ils considèrent la conduite d’un deux roues comme un sport à part entière, un synonyme d’évasion et éprouve un très fort sentiment d’appartenance à une communauté.
- "Les modérés" : représentent 20 % et sont guidés par le "plaisir, bien-être" et adoptent une "conduite prudente", cohérente avec leur utilisation dominante pour les loisirs et les vacances. Ce groupe en forte proportion motards, se caractérise par une grande conscience du danger et un strict respect du code de la route. D’ailleurs, la plupart d’entre eux n’ont jamais eu d’accident.
- "Les transgressifs" : représentent 18 % et considèrent leur deux roues comme un objet utilitaire (une alternative aux transports en commun) et adoptent une "conduite à risque". L’une de leurs principales motivations étant de gagner du temps (fort usage pour motif professionnel), ils commettent de nombreuses infractions (circulation en sens interdits, sur les trottoirs, sur voies réservées, défaut d’arrêt au stop…). En majorité conducteurs de scooters (55 %) et / ou de cylindrée inférieure à 125cc (50 %).
- "Les stressés" : représentent 16 % et considèrent leur deux roues comme un objet utilitaire (réduction des temps de trajets et facilité pour se garer) et générateur de stress. Ils adoptent une « conduite prudente », en raison de leur conscience aiguë du danger. En grande majorité constitué de conducteurs de scooters (77 %) et de petites cylindrées (58 % de moins de 50cc), ce groupe compte une forte proportion de femmes (47 %) et de conducteurs les moins expérimentés (34 % a une ancienneté de conduite de 2 ans ou moins pour 25 % en moyenne).
- "Les sereins" : représentent 24 % et perçoivent leur deux roues comme un objet pratique (alternative à la voiture), mais également source de plaisir. Ils éprouvent un sentiment de maîtrise de leur engin et adoptent une conduite responsable. Ce groupe comprend aussi bien des motards que des conducteurs de scooters. Il s’agit un peu plus souvent que la moyenne d’hommes mûrs (30 % de 50 ans et plus), avec une longue expérience de conduite d’un deux roues.

Cohabitation sur la route : le danger, c’est l’autre ...


Le sentiment de sécurité est très clivant parmi la population deux roues : 51 % se sentent en sécurité sur les routes, 49 % en insécurité.

La principale source de danger perçue par les conducteurs de deux roues provient à l’unanimité des manœuvres des autres usagers (changement de direction, demi-tours … citée par 55 % des répondants). Loin derrière viennent les intempéries – pluie, brouillard (citées par 3 %) ou l’inexpérience du conducteur (34 %).

D’ailleurs, 58% considèrent qu’automobilistes et conducteurs de deux roues se comprennent mal, sans en attribuer nécessairement la faute aux automobilistes (perçus les plus dangereux par un quart des conducteurs 2 roues).

Sans surprise, 75 % des répondants pensent que les 2 roues sont globalement de bons conducteurs.Toutefois 35 % estiment que les conducteurs de scooters sont, toutes catégories confondues (2 roues, voitures, poids lourds), les plus dangereux.



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Dernière modification : lundi 5 octobre 2009, par Neel Chrillesen
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