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F1 : le grand prix à Paris ?


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À l’heure où la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA) s’apprête à rendre publique la liste des projets retenus pour l’organisation du Grand Prix de France en 2010, habituellement organisé à Magny-Cours dans la Nièvre, faut-il envisager que cette épreuve ait lieu à Paris ? Dans la capitale sûrement pas. Un projet étudié il y a vingt ans, qui empruntait notamment l’avenue des Champs-Elysées et la place de la Concorde, avait été d’autant plus vite abandonné que ces sites sont peu ou prou classés et s’accordent mal avec le cahier des charges F1. Il est donc plus que probable que l’apparition de F1 dans Paris ne se limite à des opérations commerciales ou festives comme en 2006, à l’occasion du centenaire du Grand prix de France, lorsque FFSA avait organisé un défilé sur les Champs-Elysées avec une vingtaines de modèles historiques.

Si Paris intra-muros paraît exclu pour accueillir le grand show de la F1, la région parisienne ferait l’affaire. Tous les candidats à l’organisation du Grand Prix de France se situent d’ailleurs en Ile-de-France. Il faut dire que c’est un berceau de la course automobile. Une première épreuve fut ainsi organisée, le 20 avril 1887, entre le pont de Neuilly et la grille du bois de Boulogne. Une course remportée par un certain Georges Bouton, sur quadricycle 4 places à vapeur De Dion. La victoire fut facilitée car Bouton était le seul candidat. C’est en région parisienne toujours, sur l’autodrome de Monthléry cette fois, que fut créé en 1948 le Grand Prix de Paris, ancêtre de nos courses de F1. Lors de la remise des prix, une Simca de l’écurie Gordini fut même hissée au premier étage de la tour Eiffel ! Une manche fut organisée au Bois de Boulogne, en 1951, à l’occasion des fêtes organisées pour le bimillénaire de la capitale. La victoire revenant à une Maserati. De là à faire vrombir nos F1 modernes dans le Bois de Boulogne comme cela a été, semble-t-il, évoqué... L’idée se justifie historiquement mais n’est pas réaliste techniquement.

En réalité, quatre projets franciliens s’avancent sur la grille de départ : celui de Magny-Cours (1) qui n’a pas dit son dernier mot mais déplaît à Bernie Ecclestone, détenteur des droits commerciaux de la F1 ; celui du Pôle Val de France, défendu par Jean-Pierre Beltoise ; le projet de Lagardère Sport et d’Alain Prost à Disneyland Resort Paris (qui a les faveurs de « Mister E. ») et, en fin, le projet du conseil général des Yvelines. Reste que si les intérêts sportif et économique sont évidents, le bilan écologique l’est moins. Les écologistes de France Nature Environnement (FNE) jugent d’ailleurs ce chantier « néfaste, inutile et gaspilleur de ressources ». Un avis qui a bien peu de chance d’être entendu.

(1) Souvenons-nous que le circuit de Rouen-les-Essarts a également accueilli cinq Grands Prix de France de F1 jusqu’en 1968, de même que celui de Reims-Gueux où la première course de Formule 1 officielle fut courue en 1950 (le circuit a fermé en 1972 après avoir accueilli quatorze Grand Prix de France de F1). Il faut aussi signaler Dijon-Prenois utilisé de 1974 à 1984. Quant à Magny-Cours, le site accueille les courses de F1 depuis 1991.


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mercredi 15 octobre 2008