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FIAC : l’art réservé aux élites


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FIAC 2007

Pour sa 34ème édition, la Foire Internationale d’Art Contemporain a séjourné au Grand Palais et dans la cour carrée du Louvre. Rien de nouveau donc, concernant les lieux d’exposition. Cette année, la nouveauté était ailleurs, du côté des tarifs.

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Pour franchir la porte la FIAC, évènement culturel emblématique tant attendu par les passionnés d’art contemporain, vingt-cinq euros étaient nécessaires. Un véritable sésame qui a restreint aux plus fortunés l’accès à cette caverne d’Ali Baba qu’est la FIAC. Un tarif réduit à douze euros était offert aux étudiants en art, un bon moyen de faire découvrir l’art contemporain à ceux qui l’ont déjà découvert. Pour les autres, novices souhaitant se confronter à la réalité de l’art contemporain et amateurs en quête des dernières actualités artistiques, il n’a pas été toujours facile de pénétrer dans ces hauts lieux culturels. Vincent, étudiant en philosophie, venait pour la première fois et a été contraint à faire demi-tour. Tant pis pour lui, mais tant mieux pour la FIAC, car Vincent n’aurait de toutes façons rien acheté, or n’oublions pas le but ultime de cette manifestation : vendre l’art, et non le faire découvrir. Animée par la seule logique mercantile, la FIAC attire collectionneurs et galeristes du monde entier, laissant le grand public dubitatif et déçu de se voir fermer ainsi les portes d’un lieu où l’art contemporain se fait et se défait au fil des tendances. Pourtant, l’art a comme finalité de susciter une émotion, de s’adresser à tous au-delà du bagage culturel de chacun ; « le beau est ce qui plaît universellement sans concept » nous disait Kant. Par conséquent, la FIAC semble avoir perdu de vue cette visée universaliste de l’art. Seuls l’intéressent les acheteurs potentiels, comme si l’art n’était bon qu’à rapporter de l’argent. Et la file d’attente qui s’allonge d’année en année ne tend pas à prouver le contraire. Pourquoi la FIAC baisserait-elle ses tarifs si le monde ne cesse d’affluer ? Peut-être parce qu’il serait grand temps que ses organisateurs prennent conscience qu’avec une telle politique, ils ôtent à l’art son essence même, cette capacité à émouvoir et à s’adresser au plus grand nombre.

Laureline Dupont


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lundi 29 octobre 2007