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Foie gras de Noël, le canard déchaîné



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La vente directe des produits de la ferme permet aux producteurs - et aux consommateurs - de se soulager de la part des intermédiaires et des distributeurs. C’est aussi le moyen de rencontrer le producteur et de causer directement des produits. Illustration avec Marie-Antoinette, Virginie et Francis Massot rencontrés sur le marché de Nogent-sur-Marne (94). Ils engraissent des canards et élèvent des oies en Haute-Garonne, à Rieux-Vollestre (village médiaval où a été filmé « Le Retour de Martin Guerre »), dont ils commercialisent notamment le précieux foie gras. Pour être né la cuisse de confit à la main dans les Landes, je peux vous assurer que la qualité des produits est ce qui se fait de meilleur. C’est vrai pour leur foie gras mi-cuit, leurs cuisses, manchons, gésiers, cous de canard confits, mais aussi pour leur cassoulet au confit d’oie, leur garbure, pâtés de porc, etc… Toutes ces bonnes choses, cuisinées par le cordon bleu Marie-Antoinette et ses assesseurs, étant de surcroît vendues à des prix très raisonnables, pas beaucoup plus cher que ce que l’on trouve dans les linéaires des supermarchés, si l’on tient compte de l’écart de qualité. Avant de travailler pour eux, ces fermiers ont tenté l’expérience de la sous-traitance pour une marque. Ils atteignaient alors 4500 canards par an, s’usant à la tâche pour leur principal client. Or au lieu de s’enliser dans cette logique de production intensive, propice à la maltraitance des bêtes, ils se sont mis à leur propre compte. Résultat, ils sont revenus à moitié moins de volatiles, améliorant de fait les conditions d’élevage et de travail, tout en augmentant leur revenu ! Cette réappropriation a aussi été facilitée par la vente directe. Car Marie-Antoinette et Francis Massot font régulièrement l’aller et retour, depuis leur beau village près de Toulouse, jusqu’aux marchés des environs de Paris, soit 1500 bornes, con !

Tout est d’abord question de vaillance. Et d’organisation, comme nous l’explique Francis Massot qui effectue de réguliers allers et retours en camion entre Paris et Rieux. « Cela ne s’est pas fait tout seul. Nous avons passé deux ans à l’hôtel, le temps de faire une clientèle. Nous savions que cela porterait ses fruits. Nous avons un dépôt en Seine-et-Marne et une caravane pour loger. Nous pouvons aussi compter sur Virginie, notre fille, qui demeure sur l’exploitation. Nous avons démarré en 1989. C’est un ami à Paris qui nous a dit un jour comme ça : mais pourquoi vous ne monteriez pas ? On a fait un test qui s’est très bien passé, alors nous sommes montés. » Voilà l’histoire résumée. Question rentabilité, voici la réponse de Francis : « Bé, c’est rentable mais il faudrait pas que le carburant augmente de trop (ce qui est le cas) parce qu’on fait quand même 80 000 km chaque année avec le camion ! C’est sûr, nous ne deviendrons pas milliardaire. Nous aurons passé une vie agréable comme on voulait la passer. Et le client est satisfait. (ça, c’est vrai !) »

Quelques détails, pour finir, sur la production. En hiver, les Massot gavent du canard mulard, plus gras, contrairement à l’été où ils engraissent du musquet qui « est plus en viande ». Les bêtes gavées au maïs blanc, cuit sur place, atteignent 5 à 6 mois, ce qui peut donner des magrets goûteux à plaisir jusqu’à 480 gr (en mulard). Les canards sont achetés déjà nés pour être gavés sur l’exploitation. En revanche, Virgine élève ses propres oies, de la naissance au gavage et à la transformation. Et puis tiens, vous vous demandez sans doute comment nos agriculteurs du midi perçoivent le chaland parisien ? « Causant, curieux », estime Francis que beaucoup voyaient se casser le bec. « Té, ça fait plus de 15 ans que nous sommes là », rétorque-t-il. Boudu, pourvu que ça dure !

Qui ? Conserverie Marie-Antoinette, Rieux-Volvestre, Haute-Garonne (31) Où ? En conserve sur le marché de Nogent-sur-Marne, les samedis 15 et 22 décembre (matin) ; Fontenay-sous-Bois, le dimanche 16 déc. (matin) ; Vincennes, les vendredis 14 et 21 déc. (matin) ; Draveil, le dimanche 16 déc. ; St-Maur, le vendredi 14 déc. (matin) ; Le Vésinet, les samedis 15 et 22 déc. (matin). Combien ? Compter 7,70 € un magret de 430 gr, 4,40 € les 150 gr de saucisse de canard grillée, 8 € les 380 gr de saucisse de Toulouse confite, 14,50 € les 310 gr de magret de canard fumé entier. Pour les foies de canard et d’oie, appeler.

pinicova@evous.fr


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mercredi 12 décembre 2007
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