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Gilles Balmet, de Grenoble au Petit Palais


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Untitled (Rorschach)

Jeune artiste de 28 ans, Gilles Balmet a débuté sa carrière en 2000 en province, d’abord près de Grenoble d’où il est originaire. Après plusieurs expositions, dont quelques-unes personnelles, il expose aujourd’hui au Petit Palais. Il fait partie des cinquante artistes sélectionnés par le FMAC et Gilles Chazal, le directeur du Petit Palais, pour l’exposition « Intrusions au Petit Palais ».

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- Vous exposez en ce moment au Petit Palais. Comment s’est déroulée l’acquisition de l’une de vos oeuvres par le Fond municipal d’art contemporain ?

L’un des experts de la commission du FMAC a repéré mon travail grâce à mon site Internet,et m’a invité à leur soumettre une oeuvre. J’ai donc proposé le diptyque de la série Winterdreams réalisé en 2004. L’achat de l’œuvre a été validé et se trouve depuis 2005 dans ce fond.

- Que pensez-vous de la place des Winterdreams au sein de la collection permanente ? Dans l’ensemble, les correspondances vous semblent-elles judicieuses ?

L’exposition est très réussie. Je l’ai parcourue plusieurs fois et suis très satisfait de la place qui est faite à mon oeuvre. Ma peinture est mise face à une très belle oeuvre de Sisley, devant le matériel de peinture de chevalet que l’on pouvait trouver au XIXe siècle et dans la très belle salle consacrée à la peinture de paysage et à Monet. Le tout constitue presque une installation à la fois stimulante et intelligente et une manière originale de présenter une oeuvre contemporaine dans un contexte plus ancien et magnifié par l’architecture du Petit Palais. Les autres correspondances fonctionnent aussi très bien, notamment les oeuvres de Xavier Veilhan et Adam Adach mises en relation avec des peintures représentant le monde des travailleurs, ou l’œuvre de Boris Achour présentée avec les porcelaines de Sèvres.

- Comment est née la série des Winterdreams ?

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Cette série de peinture est née d’expérimentations multiples comme dans beaucoup de mes oeuvres. Je réalise en général beaucoup de très petits formats sur papier standard A4 avant de me décider à développer une série d’œuvres. Les Winterdreams mélangent des techniques de coulures de peinture inspirées du « dripping » de Jackson Pollock et une méthode de réalisation quasi photographique pour sa rapidité. L’œuvre fonctionne au final sur une ambiguïté entre abstraction et figuration, un petit peu comme certaines toiles de Monet justement.

- Vous exposez aux côtés d’artistes renommés. Est-ce une fierté pour vous ?

Je suis très heureux d’exposer avec des artistes dont je connais bien le travail, et que j’estime. Il y a parfois des projets qui nous réunissent et c’est vraiment formidable. Par exemple, j’ai pu voir le travail de Jean-Luc Moulène que j’ai eu comme professeur à l’Ecole supérieure d’art de Grenoble ou encore celui de Claire-Jeanne Jézéquel que j’ai connue lors de mon diplôme en 2003 et que je suis avec un grand intérêt. Il y a aussi des gens de ma génération comme Mircea Cantor ou Anri Sala qui font une très belle carrière internationale et dont le travail est intéressant. Le casting de l’exposition est vraiment bon et montre que le Fond Municipal d’art contemporain fait de très bons choix.

- Depuis l’achat du FMAC en 2005, votre pratique a-t-elle évoluée ?

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Untitled (Rorschach)

’ai réalisé plusieurs séries de peinture comme la série des Untitled (Rorschach). J’ai créé aussi très récemment les séries Untitled (White Stars), Aérosol et Magnetic fields qui utilisent de la peinture en bombe et constituent le développement d’une approche que je nomme « processuelle ». Chaque série d’œuvres peut se poursuivre et évoluer avec le temps. J’envisage d’ailleurs de continuer les Magnetics Field et Aerosol. Et puis, elles sont doublées d’expérimentations sur papier, d’œuvres photographiques ou de sculptures qui sont l’occasion pour moi de prolonger ma réflexion. L’atelier devient alors un laboratoire. C’est une idée qui m’est chère et qui est importante pour comprendre les nombreuses voix que suit mon travail. Je fais aussi des vidéos. Je viens d’en réaliser deux qui utilisent des séquences pornographiques issues d’Internet et une autre utilisant la symétrie sur des ensembles de cure-dents manipulés dans une gestualité proche de la magie. Je développe également un ensemble de dessins utilisant des marqueurs usagés. Il y a aussi de nombreuses séries de photographies et d’images numériques qui sont pour l’instant à l’état de projets et attendent des occasions d’être produites et montrées.

- Quels sont vos projets ?

Je travaille en ce moment à un concours pour un projet de commande au titre du 1% culturel pour un collège du Val-de-Marne. C’est une expérience captivante. Et puis, j’ai été invité par Jeanne Truong, commissaire d’exposition et écrivain, à participer à un projet d’exposition Internationale itinérante.

Propos recueillis par Emilie Détré


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mercredi 14 novembre 2007