La découverte hier après-midi, par une équipe d’Emmaüs, d’un nouveau mort dans le bois de Vincennes est une tragédie qui confirme la situation de danger des sans abri vivant dans ces habitats précaires.
Cette situation dramatique et indigne nécessite une mobilisation immédiate des pouvoirs publics.
Chaque jour, près de 200 personnes contactent le 115 et ne trouvent pas de solution d’hébergement, les capacités d’accueil étant totalement saturées à Paris et en Ile-de-France. Les personnes qui dorment dans la rue en plein hiver, le regroupement de sans abri dans les squares et la constitution de campements dans les bois, ces situations ne sont pas acceptables en terme de dignité humaine. Certaines personnes qui vivent dans des habitats précaires (tentes, cabanes) du bois de Vincennes sont en danger et nécessitent des mesures d’urgence. Certains jeunes en errance très désocialisés, les sans abri ayant des troubles psychiatriques, les familles roms et publics issue d’Europe de l’Est… présentent des difficultés spécifiques d’insertion qui nécessitent des mesures particulières.
Face aux situations dramatiques que vivent les personnes à la rue, face à l’urgence du froid qui arrive, face à l’insuffisance de l’action de l’Etat qui n’a pas pris la mesure des conséquences de cette crise en hiver, Bertrand Delanoë a décidé de renforcer dès cet hiver les actions de la Ville de Paris en faveur des sans abris et de créer des dispositifs d’insertion nouveaux adaptés pour redonner dignité et perspectives d’avenir à chacun.
La prise en charge des personnes sans domicile fixe relève de la solidarité nationale.
Du fait de la saturation des places d’hébergement et des incertitudes de la période hivernale,
Bertrand Delanoë, tout en renforçant les mesures de la Ville de Paris, demande à l’Etat d’engager
des actions concrètes, notamment :
ouvrir 5.000 nouvelles places d’hébergement accessibles aux personnes sans abri,
réparties de manière équilibrée en Ile-de-France, et faire appliquer la loi SRU par toutes les
collectivités pour créer le nombre de places nécessaires en matière d’hébergement d’urgence
et de logements accessibles aux personnes démunies.
débloquer les fonds pour ouvrir le nouveau centre de 24 places prévu pour les jeunes en
errance, dans les locaux mis à disposition par la Ville (boulevard Strasbourg 10ème)
constituer une mission régionale de traitement des campements, pilotée par l’Etat avec le concours des Départements concernés, compte tenu du développement des habitats précaires en Île-de-France
créer des équipes mobiles psychiatriques pour mettre en oeuvre concrètement à Paris les annonces gouvernementales nationales.
La Ville de Paris crée des mesures nouvelles pour renforcer la prise en charge des personnes à la rue dès cet hiver
La Ville de Paris crée 120 places nouvelles d’hébergement d’urgence dans des immeubles
municipaux :
le centre Emmaüs - rue de Javel (15ème) : 50 places pour les hommes (décembre) ;
le centre Corot - rue Gutenberg (15ème) : 31 places pour les jeunes (janvier) ;
le centre Emmaüs - rue Vauquelin (5ème) : 40 places pour les femmes (janvier)
Par ailleurs, elle a décidé la création de dispositifs nouveaux et adaptés aux situations des
personnes à la rue :
pour les 150 personnes sans domicile fixe très désocialisés du Bois de Vincennes :
lancement d’une mission associative en décembre, pilotée par la Ville et l’Etat, pour aller à leur rencontre, les aider à accéder aux droits élémentaires (RMI, CMU, aide alimentaire) et les convaincre d’accepter un hébergement. La mission mettra en place des habitats adaptés. Un pavillon vide « d’éclusier » de la Ville (situé sur la commune d’Aubervilliers) est mis à disposition du Secours Catholique pour engager les premiers hébergements dans le cadre d’un projet innovant autogéré par les résidents.
pour les jeunes « travellers », les SDF les plus désocialisés, les personnes à la rue ayant des
troubles psychiatriques et les familles Roms : la Ville lancera en décembre un appel à projets
aux associations pour créer 250 places d’accueil qui leur seront dédiées.
pour les exilés du 10ème : ouverture d’un kiosque d’orientation et d’accès aux droits (depuis le 29 octobre), en partenariat avec Emmaüs et France Terre d’Asile, rue du Faubourg Saint-Martin (10ème). La Ville finance seule ce dispositif, l’Etat refusant d’y participer.
pour les mineurs étrangers isolés : ouverture cet hiver de 20 nouvelles places d’hébergement avec accompagnement éducatif, en partenariat avec France Terre d’Asile. Actuellement, 70 places sont mobilisées pour la mise à l’abri en urgence de ces mineurs étrangers isolés, 700 bénéficiant d’une prise en charge de long terme par le Département de Paris (Aide Sociale à l’Enfance).
pour aller au contact des sans abri et les convaincre d’accepter un hébergement : deux
nouvelles équipes de maraude associatives, financées par la Ville, vont couvrir dès la fin de
l’année les 18ème et 19ème (Emmaüs) et l’Ouest de Paris (association Aurore). Cette dernière, qui couvre les 7ème, 8ème ,14ème, 15ème et 16ème arrondissements, sera spécialisée sur les problématiques de troubles psychiatriques et d’addiction.
Bertrand Delanoë va nommer d’ici la fin de l’année un délégué chargé de la grande exclusion qui aura pour mission d’améliorer l’efficacité des interventions municipales en faveur des sans abri.
En cas de grand froid
La Ville est en mesure d’installer, à titre exceptionnel, des locaux supplémentaires pour accueillir les personnes à la rue :
Ouverture de 4 gymnases permettant d’accueillir 300 personnes : Mouchotte (14ème), La Lancette(12ème), Léon Biancotto (17ème) Paul Gauguin (9ème).
Des agents volontaires de la Ville accueillent les personnes sans abri, qui sont orientées par les permanences sociales d’accueil, les pompiers, la police et le Samu Social. Les personnes y sont accueillies dès 18h le soir jusqu’à 8h45 le matin pour permettre le nettoyage des lieux. Elles peuvent s’y doucher, reçoivent dîner, petit déjeuner et peuvent y revenir le soir suivant sans avoir à passer par le Samu Social.
En cas de crise extrême, 12 autres gymnases d’une capacité globale de 850 places peuvent être mis à disposition.
— Mise à disposition de locaux dans la mairie du 4ème arrondissement. Les personnes hébergées y reçoivent un dîner et un petit déjeuner.
Ouverture des centres d’accueil de jour 24 heures sur 24 : l’Agora, géré par Emmaüs (1er) et la Halte Paris Lyon, géré par la Halte des amis de la rue (12ème) et mobilisation renforcée de 2 centres d’accueil de jour (Espace solidarité insertion) gérés par la Ville de Paris dans les 14ème et 16ème arrondissements.
La Ville renforce les maraudes du Samu social pour aller au contact des sans abri et les inciter à rejoindre les centres d’hébergement.
Sortir de la rue les personnes sans-abri : une priorité de la collectivité parisienne
Bien que la prise en charge des personnes sans domicile relève de la compétence de l’Etat, Paris mène depuis 2001 une politique déterminée pour faire sortir les personnes de la rue et les accompagner dans une démarche d’autonomisation et d’insertion et met en place des dispositifs supplémentaires d’hébergement, d’insertion, d’aide alimentaire et de lien social.
Pour venir en aide à un sans-abri, appeler le 115. Il est accessible de jour comme de nuit, et est géré par le Samu Social de Paris.

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