Actualités Paris

Intégrale Alain Resnais à Beaubourg


  • envoyer l'article par mail envoyer par mail

En lui consacrant une rétrospective intégrale, c’est à un véritable monument du cinéma français que le centre Georges Pompidou s’attaque (ainsi que la Cinémathèque de Toulouse et le Festival Premiers Plans d’Angers).

Etranger à tout schéma commercial ou théorique, Alain Resnais débute sa carrière au cinéma très jeune. Dix ans avant que la Nouvelle Vague ne déferle, Alain Resnais est déjà actif. Van Gogh sort en 1948 et ouvre une première décennie durant laquelle le cinéaste va se consacrer au documentaire. Les Statues meurent aussi (1953), oeuvre puissamment anticolonialiste et Nuit et Brouillard (1955) sur la Shoah, marquent cette période déjà riche en expérimentations narratives et formelles.

A partir de 1958 et la sortie de Hiroshima mon Amour, adapté de Marguerite Duras, Alain Resnais se lance dans la fiction, mais une fiction qui par sa précision et sa réflexion contextualisée reste proche du documentaire. Ce film, qui selon Louis Malle "a fait faire un bond au cinéma" sera suivi d’autres oeuvres tout aussi complexes et expérimentales dans leur construction narrative comme L’Année dernière à Marienbad (1961). Cinéaste fondalementalement critique, Alain Resnais ne transige pas sur son art, ce qui amène à quelques incompréhensions sur des films comme Muriel (1963) et surtout Stavisky (1974) qui aborde le grand scandale financier de la IIIe République.

Alain Resnais a toujours défini le cinéma comme un art collectif et considère ses principaux collaborateurs comme les coauteurs de ses films. Lui qui a travaillé avec Marguerite Duras, Alain Robbe-Grillet, Jorge Semprun ou encore Jacques Sternberg, travaillera essentiellement dans les années 1990 avec un duo d’acteurs-scénariste de talent que sont Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Sa petite troupe s’agrémente aussi d’acteurs fidèles, Sabine Azéma, Pierre Arditi, André Dussolier en tête, avec lesquels mais aussi au travers desquels le cinéaste créé des films qui prennent, à partir de Smoking/No Smoking (1993) à Coeurs (2006) en passant par On Connaît la Chanson (1997), des formes plus ludiques tout en gardant la précision et la rigueur chères au réalisateur.

Le premier mars 2008, en clôture de cette rétrospective indispensable, un forum sera organisé au centre George Pompidou en compagnie de quelques uns de ces fidèles, dont Pierre Arditi et André Dussolier. Ce sera l’occasion de comprendre un peu mieux les méthodes de travail d’un cinéaste exceptionel qui, plus que des rôles, donnait à ses acteurs de véritables identités à endosser.

Plus d’informations : ICI


Pour être informé de nos dernières actualités inscrivez-vous gratuitement à notre "Lettre d'information Paris "


mercredi 23 janvier 2008