On connaît bien l’Argentin Marcial Di Fonzo Bo pour la relation forte à l’œuvre de Copi. Il l’a jouée et mise en scène avec une jubilation très contagieuse. Son « Frigo » ou sa « Tour de la Défense » sont de vrais moments d’anthologie. A l’affiche du Théâtre de Chaillot, il présente avec sa complice Elise Vigier « La Estupidez (La connerie) », pièce ultra-foutraque d’un autre de ses compatriotes, Rafael Spregelburd. Le dramaturge, joué ici pour la première fois en France, élabore une œuvre iconoclaste autour des « Sept Péchés Capitaux » de Jérôme Bosch : « La Estupidez » en est le cinquième volet. Son écriture qui foisonne de truculences, de personnages, qui superpose les registres de langages comme pour un édifice littéraire insolite, va comme un gant à Marcial Di Fonzo Bo, dompteur sans pareil des rythmes effrénés. Pour interpréter ce texte peuplé de vingt-cinq personnages, l’acteur-metteur en scène s’est entouré d’une équipe restreinte mais en tout point parfaite. Côté masculin, Pierre Maillet, acolyte de longue date du tandem Di Fonzo Bo/Vigier, et Grégoire Oestermann, qu’on a pu voir dans plusieurs spectacles de Laurent Pelly. Coté féminin, un cast succulent, avec Karin Viard et Marina Foïs.
Thomas Jean
« La Estupidez (la Connerie) » de Rafael Spregelburd au Théâtre de Chaillot, Paris 16è. Jusqu’au 4 avril. Mise en scène : Marcial Di Fonzo Bo et Elise Vigier. Avec Marcial Di Fonzo Bo, Marina Foïs, Pierre Maillet, Grégoire Oestermann, Karin Viard.

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