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La grève des enseignants et les provocations de Xavier Darcos


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Plus d’un enseignant sur deux est en grève ce matin dans les collèges et les lycées, et 69% dans le primaire, d’après le SNUipp-FSU, le premier syndicat d’enseignant.

Selon le ministère de l’Education nationale, le taux de participation à la grève était à la mi-journée chez les enseignants de 33,39% (48,62% dans le premier degré, 21,26% dans le second degré).

Il s’agit d’un "message clair" au ministre de l’éducation, a affirmé le SNES-FSU (majoritaire dans le secondaire), tandis que l’UNSA-Education a parlé de "réussite".

La quasi totalité des syndicats, de la maternelle à l’université, les lycéens de l’UNL, de la FIDL et les étudiants de l’UNEF ont appelé à cette journée de mobilisation, qui se traduit aussi par des manifestations partout en France.

Les manifestants étaient entre 9.000 et 40.000 à Paris, de 5.500 à 20.000 à Bordeaux, 5 à 11.000 à Marseille, 6 à 10.000 à Lyon, 5 à 10.000 à Toulouse et à Nantes, ou encore 5.700 à 9.000 à Grenoble, 3.400 à 6.000 au Mans, 2.500 à 5.000 dans les rues de Rouen, selon un décompte effectué par les bureaux régionaux de l’AFP.

La quasi-totalité des organisations dénoncent la réforme des programmes, la suppression des cours du samedi matin, et les suppressions de postes : 3.500 postes à la rentrée 2009 dont notamment 3.000 postes de Rased, enseignants spécialisés dans l’aide aux élèves en difficulté.

Dans le second degré, les enseignants protestent contre la réforme du lycéequi prévoit de réduire le nombre d’heures de cours par semaine, donc de réduire le nombre de postes.

Les enseignants s’inquiètent aussi pour l’avenir de l’école maternelle. La scolarisation des enfants de moins de 3 ans est dans le collimateur du gouvernement… "les enseignants n’ont pas besoin d’être à bac +5 pour " faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches" avait gaffé le ministre.

Le ministre s’est dit jeudi "tout à fait déterminé" face au quatrième mouvement dans la fonction publique et les écoles en deux mois et s’en est pris une nouvelle fois aux syndicats.

"Il y a une résistance des appareils qui n’est pas celle des professeurs. Vous aurez ce soir, quand nous ferons le bilan de la journée, sur la totalité des professeurs du second degré, moins d’un gréviste sur deux", a assuré Xavier Darcos sur RTL.

"Les professeurs méritent mieux que d’avoir des syndicats dont la fonction principale est d’organiser la résistance au changement", a-t-il poursuivi.

La grève d’aujourd’hui s’annonce massive. La colère des enseignants monte depuis la rentrée et les syndicats ont aujourd’hui l’impression d’être méprisés.

"La question n’est pas de savoir combien ils sont mais comment ils vont. Les courbes qui m’intéressent, ce sont les courbes des résultats, ce ne sont pas les courbes de nombre des enseignants", a lancé le ministre jeudi.

"Les suppressions de postes vont continuer", a-t-il assuré, rappelant que l’Etat allait dépenser 410 millions d’euros pour ses professeurs.


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jeudi 20 novembre 2008