Le jury du Prix Goncourt (attribué cette année à Gilles Leroy pour Alabama Song publié au Mercure de France) a décidé de se réformer. Les 10 membres de la Société littéraire des Goncourt, dont François Nourissier qui a démissionné le 8 janvier, et devra être remplacé (on parle de l’écrivain et journaliste Jérôme Garcin), ont profité de leur habituel réunion du 1er mardi de chaque mois dans leur salon du restaurant Drouant, pour adopter un nouveau mode de fonctionnement. Il était grand temps. Les conditions d’attribution du prix, depuis 1903, n’offraient plus toute la transparence attendue et ne correspondaient plus à l’augmentation de la production littéraire (près de 500 romans français publiés à la rentrée de septembe et près de 400 pour celle de janvier !). Les « Dix » n’arrivaient plus à tout lire. On devrait aussi sortir de l’opacité qui entourait les délibérations du jury. Fini les accusations de favoritisme et de défaut d’intégrité (on se souvient du livre de Guy Konopnicki dénonçant "la grande magouille" des prix littéraires). Edmonde Charles-Roux a par exemple évoqué l’obligation d’être présent lors du vote, afin de ne plus voir un membre faire connaître son choix en appelant du bureau d’un grand éditeur parisien. Le Goncourt espère ainsi retrouver toute sa crédibilité littéraire et sortir de l’âge du soupçon.
Le plus prestigieux des prix littéraires est attribué chaque année au début du mois de novembre. On l’a oublié mais le montant du prix n’est que de 10 euros*. Bien sûr, comme le rappelle à l’Académie, le prix « est d’un tout autre rapport financier, un grand tirage étant assuré au livre couronné ».
* Des bourses sont parallèlement créées pour encourager des jeunes littérateurs.

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