Même si la réputation du savon de Marseille n’est plus à faire !
Le savon de Marseille retrouve actuellement une image positive de naturel, de simplicité et de propreté "à l’ancienne".
Hypoallergénique et bactéricide, d’une longévité exceptionnelle, le bloc de savon de Marseille à l’huile d’olive est le savon d’autrefois, un savon aux multiples usages.
Le savon de Marseille, qui fut longtemps utilisé comme un produit d’hygiène corporelle, peut aussi être employé en tant que nettoyant ménager ou pour le lavage du linge.
Le savon de Marseille a l’avantage d’être 100 % biodégradable.
Il se décline également sous forme de paillettes de savon de Marseille pour la lessive ou de savon liquide.
Les industriels, respectueux de l’environnement, multiplient les produits nettoyants et les lessives contenant du savon de Marseille.
Le savon artisanal
Un savon de Marseille traditionnel se présente sous la forme d’un gros cube de 600 grammes, sur lequel sont gravés la mention "72% d’huile" et le nom de la savonnerie.
Le savon artisanal de couleur marron-vert se compose d’huile d’olive, d’huile de coprah et d’huile de palme, tandis que le savon de Marseille blanc est composé d’huile d’arachide, d’huile de coprah et d’huile de palme.
Le savon artisanal ne contient ni Parfum ni colorant ni adjuvant de synthèse, ce qui le rend biodégradable à 100%, contrairement au savon de Marseille industriel, qui contient des additifs (des colorants et des parfums).
Les multiples usages
Comme désinfectant : le savon de Marseille est bactéricide et désinfecte les plaies.
Pour la toilette : il est recommandé par les dermatologues en cas d’eczéma ou d’intolérance aux savons.
Pour la lessive : il évite les allergies et les irritations, surtout pour la peau sensible des bébés.
Comme détachant : frotter la tache avant la lessive à l’aide d’un savon légèrement humide .
Comme détergeant : dans toute la maison, sols, salle de bain, vaisselle, ...
Conseillé pour le lavage du linge délicat
Les secrets de fabrication du fameux pain de savon
La fabrication artisanale du savon de Marseille prend trois semaines et comporte plusieurs étapes :
l’empâtage : les matières grasses et la soude sont bouillies avec de l’eau pure et de l’eau salée dans des cuves
la cuisson : la pâte obtenue est portée à ébullition et une seconde adjonction de soude transforme la totalité de la matière Grasse en savon
le relargage : le mélange obtenu se divise en 2 couches (le savon et la glycérine).
les lavages : l’excès de soude est éliminé avec de l’eau salée
la liquidation : après un temps de repos, la meilleure partie de la pâte de savon (le "savon lisse") est envoyée au finissage.
le finissage comporte 4 étapes : solidification, découpe, moulage des pains de savon et emballage.
L’histoire du savon de Marseille
La découverte du "Sapo" :
Le savon de Marseille aurait été découvert à Rome, où les prêtres avaient coutume de sacrifier des animaux à leurs divinités, en les brûlant sur des autels situés au sommet d’une colline. La graisse fondue de ces victimes s’accumulait peu à peu et se mélangeait aux cendres des bûchers. La pluie ruisselait ensuite sur ce mélange. Ainsi les femmes qui lavaient leur linge dans cette eau moussante constatèrent qu’il devenait propre plus vite et avec moins d’effort. Elles s’empressèrent évidemment de récupérer des morceaux de ce produit miracle. Le quartier de la ville où peinaient ces lavandières s’appelait "sapo" !
C’est en Gaule que l’on retrouve les premières recettes de savon. Pline l’Ancien (au premier siècle) dans son célèbre ouvrage Histoire Naturelle donne la composition d’une pâte élaborée à partir de cendres de hêtre et de suif de chèvre, dont nos ancêtres se servaient pour teindre leurs cheveux en roux. On lui reconnaissait déjà certaines vertus médicinales.
Le savon de Marseille prendra ses lettres de noblesse à partir du XVIème siècle, et au début du XVIIème siècle la production peut tout juste satisfaire la demande de la ville et du terroir.
Sous Colbert, la qualité des productions marseillaises est telle que le savon de Marseille devient un nom commun. Il s’agit alors d’un savon de couleur verte qui se vend principalement en barre de 5 kg ou en pains de 20 kg.
En 1786, 48 savonneries produisent à Marseille 76.000 tonnes, emploient 600 ouvriers et 1 500 forçats prêtés par l’Arsenal des Galères.
A la fin du XIXsiècle, à Marseille, Salon et Arles plusieurs centaines de savonneries faisaient vivre des milliers d’ouvriers. A l’Exposition Universelle de Paris, en 1900, la ville de Salon remporte le Grand Prix pour son commerce florissant des huiles et savons.
Jusqu’à la veille de 1914, la production se développa, atteignant 179.000 tonnes dans une cinquantaine de fabriques. Marseille produisait alors la moitié du savon en France.
Aujourd’hui, et bien que détrôné par les lessives, le savon de Marseille fait toujours partie de notre environnement. Sa production actuelle n’a évidemment plus rien de comparable avec celle des inquiétants millions de tonnes des détergents.
Il subsiste actuellement en Provence quatre fabriques, ne donnant que quelques dizaines d’emplois. En France, c’est moins de 10 vrais savonniers, c’est à dire des fabricants, qui achètent les huiles et réalisent eux mêmes la réaction de saponification.
Le savon de Marseille a inspiré les designers Hopkins & de Virieu pour la ligne "Aquamanile" de Marius Fabre. Tout en restant attachés à la forme cubique qui fait leur renommée, les designers Hopkins & de Virieu ont apporté à chaque savon de Marseille une solution différente pour en faciliter l’usage et en conserver l’aspect :
le savon de marseille pierre ponce
le savon brosse se pose sur ses poils
le savon élastique se maintient en suspension
le savon cassable permet de s’approvisionner au fur et à mesure de ses besoins.
Doux, naturel et efficace, le savon de Marseille va retrouver sa place dans nos maisons et dans nos esprits d’éco-citoyen.

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