
- l’Opéra Bastille
Ça y est ! Les grandes maisons lyriques parisiennes ont toutes dévoilé leurs saisons 2008-2009 qui regorgent de propositions palpitantes. De Garnier au Châtelet, quels seront les temps forts de l’année prochaine ?
A l’Opéra de Paris, on a mis l’accent sur le répertoire slave. Il y en aura pour tous les goûts : du romantique d’abord, avec Eugène Onéguine de Tchaïkovski, dans une production du moscovite Théâtre du Bolchoi (septembre) ou La Fiancée vendue de Smetana (novembre) ; du XXè siècle ensuite, bien représenté par Lady Macbeth de Mzenk de Chostakovitch (janvier 2009), deux œuvres de Janacek (reprise de l’excellente Affaire Makropoulos mise en scène par Krzysztof Warlikowski en mai 2009 et nouvelle production de La Petite Renarde rusée confiée à André Engel pour le mois d’octobre), et une œuvre rare mais non moins passionnante, Le Roi Roger de Karol Szymanowski avec encore Warlikowski à la mise en scène (juin 2009)
La création contemporaine de grande envergure, un peu délaissée en 2007/2008, reprend de la vigueur : au Palais Garnier sera donnée en première mondiale Yvonne, princesse de Bourgogne (janvier 2009), nouvelle collaboration entre le compositeur belge Philippe Boesmans et le metteur en scène Luc Bondy, après leur mémorable « Julie », tandis qu’au Châtelet, Gérard Pesson créera sa Pastorale (juin 2009), un spectacle inspiré de « L’Astrée », fameux roman d’Honoré d’Urfé. L’Opéra Comique place également la barre très haut avec une nouvelle partition lyrique de Peter Eötvös, Lady Sarashina (février 2009).
Côté baroque, l’Opéra Comique confirme sa nouvelle place prépondérante avec deux productions très attendues : Didon et Enée de Purcell, sous la direction du grand William Christie (décembre) et Zoroastre de Rameau (mars 2009) avec Christophe Rousset à la baguette et Pierre Audi, l’actuel et talentueux directeur de l’Opéra d’Amsterdam. Un autre Lully au Théâtre des Champs-Elysées, après le décevant Thésée de cette année : William Christie, encore lui, et le prestigieux metteur en scène Robert Carsen montent Armide (octobre). Toujours au TCE, pléthore d’opéras et oratorios en version de concert (sans mise en scène), avec entre autres la suite du cycle Haendel (Le Messie le 9 décembre et le 10 avril 2009, La Résurrection le 1er avril 2009 , Jephta le 2 avril 2009, Athalia le 20 mai 2009), et beaucoup de Vivaldi (Ercole sul Termodonte, Juditha Tiumphans, ou le Nisi Dominus par Jean-Christophe Spinosi, star montante du baroque). Spinosi toujours, mais au Châtelet dans les Vêpres de la Vierge de Monteverdi dans une mise en scène de l’artiste ukrainien Oleg Kulik (janvier 2009).
L’opéra français sera également très bien loti, avec une nouvelle production de Werther de Massenet à l’Opéra Bastille (février 2009), avec dans le rôle-titre la star absolue des ténors Rolando Villazon. Une curiosité au Châtelet : Cyrano de Bergerac de Franco Alfano (mai 2009), œuvre rare des années trente écrite en français par ce grand admirateur de Puccini. Distribution de grand luxe puisque c’est Placido Domingo en personne qui sera Cyrano. L’Opéra comique, conformément à sa mission, remettra au goût du jour certaines opérettes un peu oubliées comme Fra Diavolo d’Auber (janvier 2009) ou Le Roi malgré lui de Chabrier (avril 2009), qu’on espère plus convaincant que « L’Etoile » du même Chabrier en ces mêmes lieux en décembre dernier. A noter, encore à l’Opéra comique, une Carmen (juin 2009) qu’on attend beaucoup : c’est la géniale Sascha Waltz, chorégraphe berlinoise, qui met en scène et la superbe Anna Caterina Antonacci qui tient le rôle-titre.
Et puis en vrac, on se bousculera à Garnier pour le Fidelio de Beethoven (novembre), avec les sublimes Jonas Kaufmann (ténor) et Angela Denoke (soprano), au Châtelet pour Les Fées de Wagner dirigées par Marc Minkowski (mars 2009), ainsi qu’au Théâtre des Champs-Elysées pour Altre Stelle, nouvelle proposition d’Anna-Caterina Antonacci et Juliette Deschamps, qui, après nous avoir étonné l’an dernier avec un très beau spectacle autour de Monteverdi, mêleront ici la musique de Rameau à celle de Gluck et Berlioz (avril 2009).
A vos agendas !
Thomas Jean

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