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"Mon amour" de Christian Rizzo au Théâtre de la Ville


Habitué du Théâtre de la Ville, le chorégraphe Christian Rizzo, actuellement en résidence à l’Opéra de Lille, présente sa nouvelle création.

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copyright Marc DomageLe spectacle s’ouvre sur une image inquiétante : à travers un nuage de vapeur, des teuffeurs à capuche agitent leur corps au rythme d’une bande-son lointaine et vaguement techno. Une sorte de rave immobile. La tonalité de « Mon amour », nouvelle pièce de Christian Rizzo, est donnée : il y aura de la lobotomie dans l’air. On flotte dans l’onirisme abstrait d’un monde parallèle : des boules noires de tailles diverses se déplacent sur scène, les danseurs portent des voiles sur le visage. Ils ressemblent à ces enfants sans faces qui hantent « The Wall », le film des Pink Floyd. Christian Rizzo ne nous montre pas une énième variation sur le thème de l’amour ou du sexe. Pas de passions ni de chair : ses personnages sont des insectes sans conscience. Ils se rapprochent, confondent lutte et étreinte, partouze et baston générale, ils grouillent entre des plantes vertes de salle d’attente, agitent leur membres comme des blattes qu’on aurait retournées. La gestuelle est sèche, précise. Elle a la souplesse implacable d’une prise de judo ou d’un combat de capoeira. Les plus beaux moment de « mon amour » résident dans ces accouplements avortés et réitérés : lorsqu’un danseur grimpe sur un autre, s’aplatissant sur le corps de l’autre, le reste de la troupe le soulève et le dépose plus loin mais il revient à la charge comme un animal entêté. Pour autant, ces instants sublimes ne compensent pas certaines lourdeurs : le ballet des sphères mouvantes finit par lasser. Certains creux aussi : Christian Rizzo perd un peu le spectateur à force d’hermétisme et ne maintient pas l’extrême tension qui se dessinait au début de la soirée. Dommage, car la bande-son live, accompagnée de la voix troublante de Mark Tompkins, tient en haleine jusqu’à la dernière note.

Thomas Jean

« Mon amour » de Christian Rizzo. Jusqu’au 14 mars au Théâtre de la Ville.


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mercredi 12 mars 2008