Henry Padovani, premier guitariste de Police nous raconte les débuts difficiles de ce groupe mythique. Un témoignage enregistré à l’occasion de la reformation de Police attendu en concert au Stade de France le 29 septembre 2007.
Tout jeune guitariste français fraîchement débarqué à Londres en 1977 en pleine vague punk, Henry Padovani fonde avec Steve Copeland le groupe Police auquel s’adjoint Sting. Après quelques temps, le trio accueille Andy Summers jusqu’à ce qu’Henry décide finalement de voler vers d’autres horizons qui auront pour noms Electric Chairs et les Flying Padovani’s. Henry deviendra plus tard l’un des responsables de IRS Records, où pendant 10 ans en tant que producteur et directeur artistique, il va découvrir, signer et développer nombre d’artistes de premier plan tels que R.E.M., les Bangles, les Cramps, etc.
Henry Padovani nous revient aujourd’hui avec un album Á croire que c’était pour la vie auquel ses anciens comparses de Police, Sting et Stewart Copeland ont prêté main forte. L’album, qui est sorti aux Etats-Unis sous la férule de Miles Copeland, sera dans les bacs en Europe le 1er octobre 2007, quelque mois après la sortie du Best of Police dont le premier titre Fall Out est joué par Sting, Stewart Copeland et Henry. Dans la foulée de sa sortie d’album et d’un clip vidéo du titre phare de l’album, Welcome Home, où l’on retrouve Sting et Stewart Copeland, Henry Padovani entame une tournée.
Il jouera son album sur scène avec Steve Hunter (guitare), Glen Matlock ou Paul Slack (batterie) et Chris Musto (basse), et se produira également avec les Flying Padovani’s*, groupe post-punk psychédélique anglais des années 80 auquel Henry vient de redonner vie et dont un album collector incluant titres inédits et vidéos de concerts des années post-punk est attendu à la rentrée.
Dates clés
13 oct. 1952 : Naissance d’Henry Padovani à Bastia en Corse.
1963 : Son oncle Mathieu lui offre sa première guitare.
1976 : Babette, la sœur d’Henry, lui présente Paul Mulligan qui vit à Londres. La même année, Henry assiste à un concert des Flaming Groovies. C’est le choc. Il va leur parler et finit la soirée avec eux à jammer dans une chambre d’hôtel. Ils lui proposent de les suivre à Londres. En décembre 76, Henry fonce vers l’Angleterre avec pour tout bagage sa guitare Jacobacci Studio 3 et son ampli Fender twin reverb. Il s’installe à Islington chez Paul Mulligan, l’ami rencontré en Corse. Paul le présente à Stewart Copeland qui vient de finir avec Curved air. Henry fréquente alors tous les clubs londoniens et découvre le punk qui commence à pointer à Londres. Il adore. Entre temps, il va souvent voir Stewart dans son squatt à Mayfair. Il jamme avec lui et son frère Ian à la basse. Stewart demande à Henry de se joindre à lui car il veut monter un groupe punk et il attend un bassiste de Newcastle qui veut s installer à Londres. Ce type chante et joue de la basse dans un groupe de jazz rock. Il s’appelle Gordon Sumner. Aujourd’hui, mieux connu comme Sting. Stewart a des idées bien précises sur le groupe qu’il veut monter. Il voit un trio. Il a déjà le nom pour le groupe : The Police.
© Peter Baylis
1977 : En janvier, Henry fait la connaissance de Sting au squatt de Stewart. Les trois commencent à répéter chez Stewart. Ils tombent d’accord. Police est né. Ils travaillent le répertoire pendant un mois et se mettent à jouer dans des clubs à Londres et en province. Leur set dure 23 minutes très exactement. En mars, The Police enregistre Fall out et Nothing achieving chez Bazza’s studio en 8 pistes. Stewart produit et Paul Mulligan prête l’argent. Ils le sortent sur le label Illegal Records créé spécialement pour l’occasion. Les critiques sont minables. Stewart et Henry passent leurs nuits à coller des affiches et à tagger les murs de Londres. De passage dans la capitale anglaise, Patrick, le frère d’Henry, leur dessine un logo basé sur le badge de la police new yorkaise. L’effigie restera. Police continue à tourner en Angleterre et s’en va même en tournée européenne. Un concert est donné au Gibus club à Paris. La rencontre avec Andy Summers a lieu en mai. Andy cherchait un batteur et un bassiste pour un groupe d’un jour (Strontium 90). En juin 1977, Andy rejoint Police. Ils font quelques concerts à Londres mais le groupe n’est pas accepté par la mouvance punk. Deuxième passage en studio pour l’enregistrement de Visions of the night et de Dead end job avec John cale comme producteur aux studios de Bazza. La session ne se passe pas bien. John Cale, bourré, et Andy se disputent. Le même Andy se chamaille avec Henry au sujet d’un ampli… Andy a dans l’esprit qu’Henry est un fou, qui ne pense qu’à sortir et à faire le con. Au fond, Henry adore les Clash. Andy les déteste. A part Stewart, The Police et Henry ne sont pas dans le même trip. Henry vit son aventure londonienne à fond (il sera élu cette année là ligger of the year, fêtard de l’année ex aequo avec Phil Lynnott de Thin Lizzy, devant Steve Jones de Sex Pistols par le magazine City Limits !). La rupture semble inévitable. Henry regagne la Corse après cette première année très rock and roll avec la ferme intention de retourner à Londres. Ce qu’il fait à la fin de l’été. Il décide alors de quitter Police pour rejoindre Wayne County and the Electric Chairs, groupe de rock New Yorkais. Pendant ce temps, Police continue sa carrière en trio avec le succès que l’on sait. Henry continue l’aventure des Electric Chairs jusqu’en 1980, après 2 albums, dont Things Your Mother Never Told You qui sera encensé par la presse anglaise qui le compare à Law de David Bowie et à Lust for life d’ Iggy Pop, ouvrant la veine d’une new wave psychédélique. Les Electric Chairs tournent énormément en Angleterre, en Hollande, en France et en Allemagne où ils sont dans les charts. Pendant ce temps Henry va souvent voir ses amis de Police pour qui la vie est plutôt difficile car les punks leur reprochent leur passé « jazz-rockeux ». Andy, qui a toujours gagné sa vie en studio, embarque Stewart et Sting en Allemagne où ils font des sessions pour un ami d’Andy, Eberhard Shoener avec lequel ils enregistrent 17 chansons entre 1978 et 1981. Ils peuvent ainsi continuer à survivre...
1980 : La page Electric Chairs se referme, Henry forme les Flying Padovani’s avec Chris Musto. Ils enregistrent Va plus haut et Western pasta pour Demon Records avec Lol Coxhill légendaire joueur de sax soprano de Jimi Hendrix, BB King, Pink Floyd... Le single est disque de la semaine dans le New Musical Express. Suit l’enregistrement d’un album pour Skydog Records : Les Flying Padovani’s font l’enfer. Le groupe donne énormément de concerts. Ils jouent un rock and roll endiablé. Ils partent en première partie des Pretenders en Europe. Pendant cette tournée, Henry devient pote avec Pete Fardon, alors bassiste des Pretenders. Les Flying Padovani’s reussissent à survivre en jouant leur mixture de psychédélique et de guitares instrumentales. Ils sont 3 et bougent facilement. Ils ont un public d’afficionados qui les suit partout. Ils joueront 2 ans ensemble.
1982 : Les Flying Padovani’s se séparent.
1983 : Henry, Chris et Paul décident de reformer les Flying Padovani’s. Ils enregistrent quelques titres et repartent dans une tournée qui les mènera jusqu’en Corse où ils jouent à Bastia. Le groupe se re-sépare.
1984 : Après sept ans de vie londonienne où il a joué et travaillé avec tous les musicies du moment sur scène et en studio, Henry décide de mettre de côté sa carrière musicale. Retrouvailles à Londres avec Miles Copeland, le manager de Police qui vient de monter IRS Records. Il demande à Henry de le rejoindre. Devenu Vice-Président du célèbre label rock indépendant, Henry découvre, signe et développe avec Copeland des groupes tels que REM, Fine Young Cannibals, the Cramps, Wall of Voodoo, The Gogo’s, The Bangles, etc.
1994 : Henry devient le co-manager de Zucchero jusqu’en 2000, années durant lesquelles environ 8 millions d albums sont vendus autour du monde. Il fait des rencontres magnifiques avec Quincy Jones, Phil Ramone, Johnny Johnson , etc…
1998 : Henry est approché par Jean François Bernardini pour s’occuper du management de I Muvrini. Il leur trouve une nouvelle maison de disques EMI et attaque avec eux l’enregistrement de Leia. Il relance ses connections et va chercher son ami Sting, les bandes sous le bras. Avec Miles Copeland, son acolyte de toujours et alors manager de Sting, il réussit à le convaincre à enregistrer sa voix entre New York et Londres sur le titre Terre d’oru. Ce coup de main va donner au Muvrini leur plus gros succès à ce jour, dopant les ventes de leur album qui atteint près de 300 000 exemplaires. Henry active ses connections italiennes en recrutant le vidéaste de Zucchero, Stefano Salvati, pour la conception et réalisation d’un clip filmé dans la propriété de Sting près de Florence.
2000 : Fatigué et déçu du management d’artistes, Henry s’accorde un long break.
2003 : Henry installe un studio d’enregistrement chez lui à la campagne et continue à écrire des chansons.
2004 : Henry attaque l’enregistrement d’un album avec Serge Veneruso et Yves Aouizeratte. Ils commencent à enregistrer à la maison chez Henry et font les overdubs à Paris aux studios Ads avec Manu Katché à la batterie, Glen Matlock à la basse (Sex Pistols), Chris Musto à la batterie, Steve Hunter à la guitare, Stewart Copeland à la batterie et Sting à la basse sur Welcome Home une mini reformation du Police de ses débuts. L’album s’appellera Á croire que c’était pour la vie. Henry signe par ailleurs la musique du film La vie comme elle va, réalisé par Jean Henri Meunier et produit par Jacques Perrin. Le film obtient le grand prix de la SCAM 2004. En septembre, Henry ouvre son site Internet www.henrypadovani.com et, pressé par les internautes de la communauté Police, il attaque l’écriture d’histoires vécues sur la création et la vie de ce groupe mythique ainsi que son vécu de l’époque bénie de la punk wave londonienne.
© Peter Baylis
2005-2006 : Henry publie chez Flammarion en version anglaise Secret Police Man (titré À croire que c’était pour la vie en France). France 3 Corse diffuse Flying Padovani, un 52 minutes réalisé par André Marriagi sur la vie d’Henry. Jean Henri Meunier réalise par ailleurs pour ARTE un film qui se regarde comme un road movie et accompagne les 15 chansons de son album. Henry collabore à la production de Set them free, un documentaire sur la genèse du groupe Police. Fin 2006, les Flying Padovani’s annoncent leur reformation, avec la préparation d’un coffret Collector incluant titres inédits et vidéos de concerts filmés à Londres au début des années 80. La sortie est prévue en Angleterre à l’automne 2007 et sera accompagnée d’une tournée du groupe en 2008.
Concerts
20 et 21 sept. 2007 Le Réservoir, Paris
6 oct. L’Archipel, Paris
12 oct. ADK, Noisy le Grand
13 oct. Théâtre de Montivilliers, Montivilliers (76)
18 oct. Gibus, Paris
19 oct. Le Floride, Nantes (44)
23 oct. Espace Tatry, Bordeaux (33)
24 oct. Luna Negra, Bayonne (64)
27 oct. Le 112, Terville (57)
Rens. Seven Productions
tél. : 01 42 52 20 30
Internet : www.seven-productions.com

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