Sorti le 3 octobre dernier, le nouvel album de Pleymo tape dans le rouge. Alphabet Prison est loin d’être une compil de chansons resucées. Là, c’est du neuf. Le groupe parisien qui avait commencé dans un style très métal/Hip Hop se retrouve aujourd’hui dans un registre plus sage. Mais plus sage ne veut pas dire sans accords lourds ni quelques gueulantes bien poussées. Juste que Mark, le chanteur, chante vraiment et trouve assez souvent les mots justes. Beaucoup de puristes de la première heure avait vivement critiqué la sortie de Rock en 2003 en disant que le groupe c’était « prostitué » et avait fait quelque chose de trop mou. De pas assez « bourrin » en somme. Il est vrai que certains essais comme On ne changera rien sentaient un peu trop Kyo. Et ça c’est loin d’être pardonnable. Mais restons ouverts. Dans ce nouveau petit trésor de treize chansons, on retrouve un compromis entre le Pleymo de Moddaction et celui de Kubrick. Un son lourd à la Korn et des élancées lyriques à la Linkin park dans les refrains, les amateurs du genre vont se régaler. Le sextet alterne les morceaux calmes et musclés tout en gardant une homogénéité tout au long du cd. Les ambiances néo-métal ne manquent pas avec Vanité et Sept, d’autres comme Adrenaline et Galaxie Autargique sont plus proches du rock et vous ferrons sentir des frissons dans la nuque. Ce qui est très bon signe. Entre refrains émo poussifs et jouissifs à la Phantom, quelques phrasés rap pour ne pas oublier les sources et des titres calmes comme Un parfum nommé 16 ans ou Je Regrette, cet album éclectique est vraiment intéressant pour ne pas partir dans une éloge dithyrambique. Petit aparté négatif en ce qui concerne Qu’est-ce qu’il nous restera : avec des paroles vraiment belles pourquoi chanter comme Damien Saez ? En tous cas, merci les gars pour cet Alphabet prison qui est une perle. Aux côtés d’Aqme et de Mass Hystéria, Pleymo à sa place dans le podium des trois meilleurs groupes de néo-métal français qui n’aient jamais existé. Victor Battaggion

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