"Si l’Etat doit reprendre la main, l’Etat la reprendra", a menacé le président de la République lors d’un discours sur l’environnement prononcé à Orléans.
Nicolas Sarkozy a assuré mardi à Orléans que l’Etat prendrait en main le dossier de la modernisation de la ligne de RER A, actuellement saturée, si les "oppositions stériles" et les "querelles politiciennes" locales retardaient les investissements nécessaires.
"Je ne laisserai pas les passagers otages de situations inacceptables de lignes de RER vétustes, où chaque jour un million de passagers s’entassent, assistant impuissants aux affrontements stériles et à la vétusté des investissements", a-t-il ajouté. "La priorité, c’est pas les querelles politiciennes. La priorité, c’est l’efficacité", a insisté le chef de l’Etat, dénonçant "les oppositions stériles qui conduisent au refus absurde de la modernisation de lignes RER dont la région parisienne a par ailleurs parfaitement besoin".
"La décentralisation, c’est fait pour qu’on gère mieux, pas pour qu’on gère moins bien (...) si la décentralisation conduit aux regards stériles entre les élus, l’Etat, les pouvoirs publics devront prendre leurs responsabilités pour que les usagers ne soient pas otages de ces archaïsmes", a conclu le chef de l’Etat.
Jean-Paul Huchon (PS), président du Syndicat des Transports d’Ile-de-France (Stif), a qualifié mardi 20 mai de "manœuvre politicienne" les déclarations du chef de l’Etat concernant la ligne de RER A. Dans un communiqué, Jean-Paul Huchon a affirmé qu’il ne pouvait "accepter d’être mis en cause par le président de la République au motif que la décentralisation serait génératrice d’immobilisme".
Jean-Paul Huchon a répliqué auprès de l’AFP : "Je ne vois pas comment l’Etat pourrait reprendre la main. Il faudrait changer la loi. Où trouverait-il l’argent, puisqu’il nous a transféré cela (la compétence des transports régionaux, ndlr) pour se débarrasser des dépenses ?"
"Si les usagers de la ligne A sont les otages d’un transporteur incapable de leur fournir une prestation de qualité, il appartient à l’Etat, actionnaire unique de ce transporteur, de le doter des moyens de répondre à cette situation", a ajouté Jean-Paul Huchon dans son communiqué.

envoyer par mail