Vingt-quatre ans après leur création par Coluche, les Restos du cœur, qui entament ce lundi une nouvelle campagne, n’ont jamais été aussi sollicités.
Le bilan ne tient pas compte de la crise financière que nous traversons.
Les Restos du Cœur vont devoir faire face à une situation sans précédent, tant ils ignorent les conséquences de ces bouleversements à court et moyen terme.
Les chiffres des inscriptions aux Restos pour 2008-2009 sont déjà en nette augmentation.
"Le contexte social est très difficile, témoigne Olivier Berthe, président des Restos. Avant même le début des repas, le nombre d’inscrits a augmenté de 5%, jusqu’à 10% en région parisienne, voire 38% dans le Val-d’Oise."
Au cours de la précédente campagne, les Restos ont accueilli 700.000 personnes à qui ils ont servi 91 millions de repas, un chiffre dont les 51.500 bénévoles craignent qu’il ne soit dépassé cette année.
Le public des Restos s’est élargi en l’espace de dix ans : aujourd’hui, un demandeur sur dix a un travail, 12 à 15% sont des personnes âgées et les Restos comptent de plus en plus de mères célibataires.
Les Restos du Coeur comptent sur l’extraordinaire fidélité des donateurs et des Enfoirés, plus que jamais indispensable, et sur une aide européenne (PEAD) à la hauteur de la situation. -Quoi qu’il arrive, les Restos seront présents, là où ils font référence : l’aide alimentaire. Mais aussi en continuant leurs actions d’insertion qui seules permettent d’aider les personnes accueillies à s’en sortir durablement.
Les dons se maintiennent
Une hausse annoncée des besoins qui se double, pour l’association, de celle du prix des matières premières. "En deux ans, les Restos ont dû débourser 20 millions d’euros de plus, précise Olivier Berthe. Les céréales ont augmenté de 20% et le lait de 50%." L’association aura donc plus que jamais besoin des dons des particuliers, qui représentent près de 40% de ses ressources. Un point positif : cette année, les dons ont une légère avance sur l’an dernier, ce qui montre que "la générosité ne faiblit pas malgré la crise. Mais nous avons besoin de plus encore cette année", clame Olivier Berthe.

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