L’entraîneur du Stade Toulousain, Guy Novès, a confirmé son intention d’envoyer une équipe bis au Stade de France. Toulouse préfère mettre au repos ses "internationaux", les Clerc, Heymans, Dusautoir, Elissalde, Jauzion, Servat, auxquels s’ajoutent les blessés et les joueurs (Pelous, Hasan, Albacete, etc.) qui ont atteint le quota de matches disputés consécutivement, ce qui les oblige à prendre une période de repos comme l’a décrété la Ligue Nationale de Rugby. Guy Novès préfère donc réserver ses meilleurs joueurs dans l’optique du match contre Biarritz samedi prochain et de la coupe d’Europe face à Cardiff dans la foulée. Colère de Max Guazzini, le président du Stade Français, club qui doit affronter le XV toulousain samedi (22 mars) à Paris ; Guazzini qui accuse le Stade Toulousain de « vouloir gâcher la fête » et « d’être jaloux » du succès populaire du club parisien. Les quelque 80 000 spectateurs attendus au Stade de France risqueraient ainsi d’être privés d’un vrai duel entre les deux plus beaux palmarès du rugby français (que 22 points séparent tout de même au championnat, en faveur du club haut-et-garonnais).
Malgré la pléiade d’absents au Stade Toulousain qui dévalue c’est vrai l’affiche du Top 14, on peut s’attendre à un gros match des "espoirs" toulousains (emmenés par des pointures comme Nyanga ou Lamboley) qui chercheront, c’est sûr, à se mettre en valeur. C’est du reste l’avis de Serge Blanco, le président de la Ligue Nationale de Rugby, qui pense que la charge de Guazzini « va peut-être amener des surprises ». Le patron de la LNR a par ailleurs estimé que « cela ne servait à rien d’incendier les gens » en désignant le bouillant Guazzini. Guazzini que René Bouscatel, le patron du Stade Toulousain, a qualifié dans les colonnes du journal Le Parisien de « grand enfant, égocentrique, manipulateur ». Selon lui toujours, « les réactions de Max Guazzini ne sont que de la médiatisation perverse. Dès que nos équipes se rencontrent, il balance dans la presse pour créer une rivalité semblable à celle qui existe dans le football entre le PSG et l’OM ». C’est en effet le risque de toute cette mayonnaise et les dirigeants feraient bien d’y songer même si le rugby n’est pas le foot. On s’en rend bien compte en visitant les forums des clubs et des sites spécialisés. Rien de très méchant dans les échanges. « Le 22 mars, ça va pas être triste entre le 8 toulousain et le 8 du Stade Français », se contente de prédire un internaute. Un autre sur le forum rugbyrama.com estime avec beaucoup d’à propos que « le grand Max soit disant si bon en communication a commis une grosse erreur en titillant l’amour propre de mecs qui portent le maillot rouge et noir samedi ». Un troisième demande au supporters de Toulouse de « respecter les Parisiens qui aiment le rugby, qui le regarde depuis longtemps et qui le jouent aussi. Ralez autant que vous voulez sur Guazzini, et je suis le premier à le faire car c’est du foutage de gueule*, mais n’insultez pas les supporters de Paris. Soyez ouvert ». Le respect, c’est bien la valeur essentielle à cultiver. Il faut à ce propos écouter le commentaire de Fabien Galthié, l’entraîneur du Stade Français, réagissant sur cette affaire : « Nous sommes à des années lumière de ça. Ce qui nous intéresse, c’est ce qui se passe sur le terrain. Le reste n’est pas notre débat et n’est pas notre combat. »
* Il est vrai que le Stade Français n’a pas hésité à alligner une équipe B face à Clermont dimanche dernier, match où les Auvergnats se sont imposés 50-12 !

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