Hausse du prix de l’essence, préoccupation grandissante vis-à-vis de l’environnement : les Français modifient leur usage de la voiture
A l’approche du Mondial de l’Automobile, le Crédit Agricole a souhaité notamment étudier l’impact des deux tendances « lourdes » que sont la hausse du prix des carburants et la montée des préoccupations environnementales sur le comportement des Français quant à l’utilisation de leur voiture.
A la demande du Crédit Agricole, l’institut CSA a interrogé un échantillon de Français sur leur rapport à la voiture, auprès d’un échantillon national représentatif de 1000 Français âgés de 18 ans et plus.
En septembre 2008, 46% des utilisateurs de voitures déclarent avoir moins recours à leur véhicule pour se déplacer.
Une modification des comportements depuis la hausse des carburants
Le changement de comportement est lié au pouvoir d’achat des ménages : 57% des personnes disposant de moins de 1000 € par mois affirment avoir changé leur comportement, contre seulement 20% des personnes disposant de 4500 € et plus.
Pour certains, l’impact est encore plus radical : 10 % des utilisateurs pensent à se séparer de leur voiture ou de l’une de leurs voitures ; 1% d’entre eux indique l’avoir déjà fait.
C’est d’abord en ville que l’usage de l’auto est réduit
72% disent moins l’utiliser pour les trajets en ville, 64% rouler moins vite, 60% se rendre plus près de chez eux pour faire leurs courses et 48% moins l’utiliser pour des trajets de longue distance.
Low-cost et hybride
Autre enseignement de l’étude Crédit Agricole / CSA : 47 % des automobilistes français pensent à s’équiper d’une voiture moins consommatrice en carburant.
Une tendance à se tourner vers le diesel pour les moins fortunés et les moins diplômés, quand les plus diplômés et fortunés s’intéressent davantage aux moteurs hybrides.
Pour 51% des ménages, la consommation de carburant est le premier critère de choix d’un véhicule, devant le prix (47%) puis la sécurité (39%).
Quant à la voiture low cost, 76% des automobilistes la voient comme un moyen intéressant de préserver son pouvoir d’achat. Les a priori négatifs sont minoritaires, que ce soit sur la sécurité, l’esthétique ou les performances.
L’éco-pastille
A quoi pensent les automobilistes au volant ? 80% disent penser au moins de temps en temps aux conséquences néfastes de la pollution automobile sur l’environnement et 74% aux risques sur leur santé. Cette préoccupation environnementale devance même nettement celle liée au coût de l’utilisation du véhicule (43%). Ceci explique sans doute l’excellent accueil réservé à l’éco-pastille, considérée plutôt comme une bonne chose par 80% des automobilistes. 62% déclarent d’ailleurs qu’elle pourrait influencer leur prochain achat.
Le statut social de la voiture dans l’esprit des français a évolué
Même si 64% des Français aiment toujours conduire, l’objet lui-même ne fait plus l’unanimité : 50% y voient un objet utile mais dont ils aimeraient pouvoir se passer, alors que seulement 47% y voient un objet utile et plaisant
La voiture en tant que symbole de statut social tend à s’estomper : pour 8 Français sur 10, ce n’est pas important d’avoir une belle voiture et ils ne sont plus que 38% à adhérer à l’idée que la voiture reflète le niveau social de son propriétaire.
Par ailleurs, l’intérêt des Français pour l’innovation automobile et les nouveaux modèles est très segmenté : 53% des Français se déclarent « pas attirés » par les nouveautés dans ce domaine, 61% des hommes le sont (contre 32% des femmes) ainsi que 60% des moins de 30 ans et 57% des plus hauts revenus.
A la veille du salon de l’auto, l’enquête ne révèle donc pas de franc désamour entre les Français et leur voiture, mais une modification des rapports entretenus, davantage tournés vers l’utilité que la fabrique d’une identité sociale, puisque seuls 21% des Français affirment aujourd’hui qu’il est important pour eux d’avoir une belle voiture.

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