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T’as voulu voir l’hamburger...


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« T’as voulu voir Hambourg et on a vu Hambourg », chantait Brel (1). Nous voulions voir l’hamburger et nous l’avons manqué. Nous avions pourtant pris la peine de téléphoner avant : « Allo ! le Scoop  ? » - « Z’y êtes. ». - « Z’avez des z’hamburgers ? » - « Z’avons le burger nature, le cheeseburger, le bacon cheeseburger, le hamburger Scoop, l’english burger. » Ne restait plus qu’à filer à l’adresse indiquée, le 154, rue Saint-Honoré dans le 1er arrondissement (voir aussi http://paris.1.evous.fr/Scoop.html), pour mâchouiller l’un de ces sandwiches introduits en Amérique au XIXème siècle par des marins de... Hambourg. Nous n’avions pas choisi notre cible au hasard, aiguillé par la critique gastronomique unanime devant ce restô-grill-bar, à cheval entre l’Amérique du Nord et nos terroirs.

18 heures venaient de sonner lorsque nous abordâmes le 154, flairant le Scoop… Las ! pas de lumière, il venait de fermer, respectueux des horaires - ouvert 7j/7 de 11 h à 18 h, exception faite des jeudis et vendredis soirs de rallonge. Notre déception nous fit subitement réaliser que scoop signifiait « boule » en anglais. Nous nous rappelâmes alors heureusement qu’à 10 minutes de footing du Scoop, au 30, rue Pierre Lescot, se trouvait le Joe Allen, une « institution » sise près des Halles depuis 35 ans. Ce clone de diner new-yorkais est ainsi apprécié pour son brunch du dimanche et son bacon cheese burger, une valeur sûre si l’on en croit des adeptes comme le cinéaste Gaspar Noé, peu taxable de suivisme.

10 minutes après notre première déconvenue, nous pénétrions donc dans cette annexe d’oncle Sam. Un vrai petit miracle se produisit alors, nous faisant traverser en deux secondes l’océan Atlantique pour atterrir à Kennedy airport. L’intérieur brique, l’atmosphère feutrée, les boiseries, les écrans diffusant du foot américain, le parler élastique du serveur... nous étions téléportés en plein NYC. Nous prîmes place au bar, commandâmes une bière et suggérâmes au serveur, impeccablement mis, de nous apporter un de ces bacon cheese burger dont l’établissement a, semble-t-il, le secret. Le serveur nous l’apporta cinq minutes plus tard, alors que commençait à peine à résonner un Back on the Block de Quincy Jones, d’excellente augure lui aussi.

Là, patatras ! Nous découvrîmes ahuri un bacon cheese burger qui pourrait être à l’essence de la cuisine US ce qu’Arielle Dombasle est à la chanson. Le buns, du tout venant, s’était rétracté sous l’effet de la mauvaise cuisson comme un parachute se met en torche. L’envers était littéralement cramé. La garniture, à l’instar de ces copeaux de bacon premier choix et ce cheddar déchu, faisait elle aussi pâle figure. Le fagot de frites congelées, à faire les délices d’un amateur de junkfood, achevèrent de nous fâcher. À une quinzaine d’euros l’unité, le cheese de Joe Allen ne donnait pas du tout envie de sourire.

T’as voulu voir l’hamburger, tu le verras... N’envisageant pas de décevoir nos lecteurs, nous retentâmes le coup au Sccop Cafe le lendemain. Il était 15 h lorsque nous poussâmes la porte vitrée de l’établissement, débouchant sur un bar blanc en Corian coiffé d’une visière en plexiglas saignant . À nous le hamburger, enfin !

Enfin rien. « Le service du déjeuner est terminé (3). On ne sert plus de burger. » Nous éprouvâmes alors la même désillusion qu’un exalté réalisant l’inanité de la formule « travailler plus pour gagner plus ». Il ne nous restait plus qu’à nous faire décrire ce fameux burger, un fil de salive tombant du menton. Ce que Gwendoline (2) virevoltante derrière le comptoir, fit avec force détails : « Nous utilisons du vrai pain français. Nous garnissons avec une compotée d’oignons faite maison. Le steak haché de 200 g de boeuf, pas trop gras, vient de la Boucherie Première, la plus ancienne des Halles. Nous mélangeons la viande avec des graines de quelque chose… C’est un de nos petits secrets. Les hamburgers sont toujours servis avec un mesclun non pré-acheté sous vide et des pommes charlotte parfumées au romarin. » Que n’eût-on pas donné alors pour ce hamburger chimérique, vendu selon la recette de 12,50 à 13,90 €.

Notre escapade "hambourgeoise" s’acheva donc ainsi, assis au bar du Scoop face à un brownie, une boule de glace à la vanille et un café, en devisant de la vie avec le personnel. Nous vous passons volontiers le relais dans cette quête désespérée. Et pour vous y aider, nous vous livrons cette compilation d’adresses susceptibles de cacher LE hamburger d’anthologie à Paris : American Dream (2ème), Breakfast in America (5ème), Bugsy’s (8ème), Coffee Parisien (6ème), Deli Kate (2ème), Devèz (8ème), Haynes (9ème), Lizard Lounge (4ème), McCoy Café (7ème), Moose (6ème), le PDG (6 et 8ème), Thanksgiving (4ème), Tropical Café (Neuilly), West Side Café & Kitchen (17ème)...

pinicova@evous.fr

Notez aussi l’adresse de ce site Internet assez insensé, entièrement dédié au hamburger : http://www.myburger.fr/qui-sommes-nous.php

(1) Chanson intitulée “Vesoul”

(2) Gwendoline Sauval, également auteur à ces heures ; à lire son « Chico, l’âme des Gypsies » paru en 2006 aux éd. Assouline. 208 p., 15 €.

(3) En fait, le Scoop ouvert de 11h à 18h, passe en salon de thé à 15h.


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jeudi 6 décembre 2007