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Testez les échasses urbaines Powerstrider


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« Les échasses urbaines sont une révolution dans le monde du déplacement urbain. » C’est la conviction d’Emmanuel Da Rocha, l’un des pionniers de la discipline en France, responsable de l’association Echasses de sept lieues. Lui veut démocratiser ce moyen de locomotion, utilisable pour ses déplacements quotidiens, en pratique loisirs ou sportive, au même titre que le vélo ou les rollers. L’invention des « échasses urbaines » date de 2003. Le dépositaire du brevet est Alexander Bock, un Allemand (d’où le nom que l’on rencontre souvent de Powerbocking ou de Bocking). Les échasses sont munies d’un ressort à lame en fibre de verre, une technologie issue de celle des prothèses handisport. Un appareillage futuriste qui permet de bondir, tel un kangourou, à plus de 2 m de hauteur et 3 m de longueur ou même de courir à 40 km/h ! Emmanuel Da Rocha nous en dit plus sur une pratique qui déclenche l’incrédulité des passants. Rencontre.

Faut-il avoir une bonne condition physique pour chausser des échasses urbaines ?

Emmanuel Da Rocha : « Pas particulièrement. J’ai initié un gars aujourd’hui qui pesait 100 kg et n’était pas sportif du tout. Pourtant, ça ne l’a pas empêché de bien s’amuser. En fait, les échasses sont adaptées à tous les utilisateurs ou presque à partir de 30 kg. »

Combien de temps dure l’apprentissage ?

« En cinq minutes, tu sais marcher avec les échasses. À condition d’être tenu par quelqu’un au départ. Il ne faut jamais commencer seul ! Tu apprends d’abord à piétiner pour te mettre en sécurité. Voilà six mois que je forme des gens de 8 à 75 ans chez NomadeShop à Bastille (1), j’ai rencontré très peu d’échecs. Je peux les compter sur les doigts d’une main sur plus de 500 essais !  »

En quoi consistent les initiations ?

« Le niveau 1 permet d’apprendre à marcher et à sauter en toute sécurité avec les échasses. Le stade 2, c’est déjà de la petite balade urbaine où on va apprendre tout ce qui est franchissement d’obstacle. »

Faut-il craindre les accidents ?

« Si tu débutes avec un assistant pour te tenir, si tu mets les protections (casque, genouillères et coudières), que tu respectes les consignes et fais preuve de bons sens, c’est très peu risqué. On peut avoir des chutes mais beaucoup moins violentes qu’avec des rollers. » (Lors de notre heure d’initiation, sur un groupe de 10 personnes, aucun n’a chuté.)

Les vertèbres et les articulations ne dégustent pas ?

« Il faut oublier ses repères pédestres. Quand on marche, on le fait sur la pointe des pieds en pliant les jambes. Sur les échasses, on va se tenir le buste droit et les jambes raides en entrant dans le sol. Ce sont les ressorts qui encaissent, pas les vertèbres et les articulations. Il faut cinq minutes pour que le corps comprenne. En fait, ceux qui ont le plus de difficultés souvent, ce sont ceux les coureurs ou les sprinters parce qu’ils ont l’habitude de griffer la piste alors que là, on travaille sur le plat du pied et les talons. Les échasses urbaines, c’est parfait pour le gainage. 98 % des muscles travaillent. C’est aussi excellent pour le cœur. »

Combien coûte le matériel ?

« Dans la gamme Powerstrider que nous utilisons, il faut compter de 170 à 400 euros environ. »

Comment es-tu venu aux échasses urbaines ?

« Je suis professeur d’éducation physique et sportive. Je suis toujours à la recherche de nouveaux sports. J’ai commencé, il y a un an. C’est vraiment fun ! Et puis, je suis persuadé qu’on tient là un nouveau mode de déplacement, pas plus coûteux que des rollers et plus facile à utiliser. »

Oui mais il n’y a pas le plaisir de la glisse ?

« C’est vrai, ça n’est pas un sport de glisse du tout. C’est du saut, de la course. C’est d’autres sensations qui s’apparenteraient plutôt au trampoline mais en avançant !  »

Tu penses que les échasses urbaines ont de l’avenir ?

« Notre ambition est de faire en sorte que cela devienne un nouveau mode de déplacement. Après, on peut varier les plaisirs. On peut faire de la randonnée partout, du fitness, de l’aérobic, du basket... En mode sportif, ça fait brûler cinq fois plus de calories qu’un jogging ! Et puis il y a tout ce qui est acrobatie et freestyle pour les passionnés de sensations fortes. Tu changes vraiment d’univers. Tu passes de la terre à la lune !  »

(1) Les initiations de niveau 1 (durée 45 minutes) se déroulent chaque samedi à 13h15 et à 15h15. Celles de niveau 2 (compter 1 h, balade prévue) sont fixées à 14h15 et à 16h15. Le magasin Nomades Shop de la Bastille (37 bd Bourdon, 4ème) sert de lieu de rendez-vous. Les formations sont dispensées par l’association Echasses de 7 lieues, avec du matériel Powerstrider, en vente chez Nomades Shop. Rens. au 01.44.54.07.44. et au 06.60.16.87.95. ou sur Internet http://www.nomadeshop.com/


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jeudi 23 octobre 2008