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« The house that dirt built », Counter records/Pias

The Heavy, brut de décoffrage


On l’avait pressenti dès l’écoute du fiévreux « Great Vengeance & Furious Fire » et de l’imparable « Coleen » en 2007 : le son de The Heavy, révélation Ninja Tune, est résolument hors du temps. Intuition confirmée avec la sortie dans les bacs de l’abrasif « The house that dirt built ». Tout en puisant dans les racines du rock, The Heavy en dynamite les codes et signe l’un des albums les plus envoûtants de la rentrée.

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Pousser la porte de la maison de The Heavy n’est pas sans risques. Dès la première écoute, l’atmosphère lugubre est palpable. Fantômes, cultes vaudous, gémissements et autres corps en transe ont pris possession des lieux. Entrez dans la ronde et surtout, ne tentez rien. Pas le temps de raser les murs, “Oh No ! Not You Again”, débarque sans crier gare, tel un monstre garage punk habité par les chœurs rageurs de Shingai Shoniwa (The Noisettes), suivi de « How you like me now », funk vaudoo survitaminé. Sur « Sixteen », découpe du sample de « I put a spell on you » de Screamin’ Jay Hawkins, la voix rocailleuse, ensorcelante de Swaby superposée aux cuivres dégage une énergie blues à faire pâlir le diable en personne. Si la voix torturée, les arrangements crasseux et la ligne de basse malmenée sont toujours de la partie, (« No time », « What you want me to do »), The Heavy évolue et signe des compos plus douces, du western spaghetti « Short Change Hero » au blues « Long way from home », en passant par la chanson d’amour « Cause for Alarm ». Blues, hip hop, ska, garage, funk… La voix de Swaby brasse les genres avec une aisance qui frise l’insolence. « The house that dirt built » est une sorte de compilation de toutes les situations sombres et crasseuses dans lesquelles on s’est retrouvés ces deux dernières années pendant la tournée de l’album Great Vengeance, explique t-il dans une interview accordée à Première.fr. L’album raconte dix histoires incroyables qu’on a vécues. Ces histoires peuvent être un peu glauques, mais elles ont enrichi notre univers ». Sur scène, la maison brûle, et vous avec. Le show prend aux tripes : électrique, brut, animal, renversant. A coup sûr, les quatre gars de Bath nous réservent encore bien des surprises. La ville qui les a vus naître n’est-elle pas « le cimetière de toutes les ambitions ? ».

Valérie Nescop

Le blues entêtant de "Sixteen" raconte la rencontre d’une ado avec le diable :


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mardi 6 octobre 2009