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Un chapeau de paille d’Italie, d’Eugène Labiche, par Jean-Baptiste Sastre, au théâtre de Chaillot


Eugène Labiche avait le don de révéler, par l’anodin, l’incongruité de la petite bourgeoisie. Satire, critique, le tout est relevé par une sauce piquante ! Or Le chapeau de paille d’Italie, dans la mise en scène de Jean-Baptiste Sastre, manque de saveur.

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En route pour ses noces, Fadinard croise un couple d’amants. Alors que sa jument a englouti le chapeau de la dame, Elise, Fadinard est sommé de retrouver un chapeau de paille identique. Entreprise qui va se révéler plus périlleuse qu’il n’y paraît…

Dans le théâtre de Labiche, ce n’est pas tant le texte qui importe que l’action et l’énergie insufflées. L’anecdote de départ n’est qu’un prétexte au jeu, et ses pièces en ouvrent des possibilités inépuisables.

Le metteur en scène Jean-Baptiste Sastre a perdu de vue ce dynamisme. La version qu’il nous en donne est fade. Le texte s’étire et se retrouve pris au piège de l’intrigue. Sastre a voulu adapter cette pièce dans un registre de jeux différent, privilégiant les états d’âme du personnage principal au grotesque des situations. Mais cette sauce ne prend pas. Une dizaine de comédiens se déplacent sans beaucoup d’entrain ni de tonus, et finissent par ne plus s’écouter. Denis Podalydès, dans le rôle de Fadinard, est mal dirigé : nonchalance des déplacements et teneur psychologique du personnage qui lui sied mal. On rit parfois du décalage entre lui et le reste des comédiens, qui jouent dans un registre plus stéréotypé, mais, le plus souvent, on s’ennuie. Les changements de décor à vue par les interprètes et les machinistes contribuent encore à ralentir la cadence, ils prennent parfois plusieurs minutes. Certaines transformations suscitent des applaudissements notamment lors de la descente d’un fastueux lustre sur scène. Mais il reste que ces apparats cassent le rythme et rendent la dernière demi-heure du spectacle assommante.

Non, nous ne nous resservirons pas.

Carole Alter


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lundi 14 janvier 2008