Paris abriterait 150 salles de théâtre proposant une programmation variée allant de la grande pièce classique à la comédie de boulevard en passant par le one man show. Quelques uns de ces théâtres sont subventionnés par la Mairie de Paris. Certains, une demi douzaine, le sont entièrement comme le Théâtre de Paris-Vilette dans le 19ème à hauteur de 540 000 € en 2008 ou le 20ème Théâtre doté de 300 000 €. D’autres partiellement comme le Théâtre de l’Officine (12ème) qui a reçu 30 000 € en 2008 ou le Théâtre Ecarlate dans le 19ème subventionné à hauteur de 39 000 €. Difficile de dire quel budget global est précisément alloué à toutes ces salles par la municipalité mais quelques données croisées, glanées sur Internet, permettent de se faire une idée. Indiquons par exemple qu’en 2006, la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris a accordé 25,5 millions d’euros de subvention de fonctionnement au théâtre, à la danse, au cirque et aux arts de la rue. Une enveloppe de 3,5 millions d’euros ayant servi à financer les six salles municipales entièrement subventionnés par la Ville*. Il faut y ajouter la subvention de 3,6 millions d’euros versée (chiffre 2006) par la Ville à l’Association pour le Soutien du Théâtre Privé qui regroupe une cinquantaine de théâtres. L’aide au théâtre, c’est aussi l’incitation à la fréquentation des salles avec la mise en place de tarifs hyper attractifs comme, par exemple, la place à 5 € que propose le Théâtre Paris-Villette !
Seulement voilà, nous sommes dans un monde où la culture est un luxe - contrairement au sauvetage des banques privées par la puissance publique. Et même si la Ville de Paris à l’ère Delanoë fait beaucoup mieux que durant les années de dèche des mandatures Chirac, revient la sempiternelle question du coût de la culture et des économies de bouts de chandelle. Le quotidien Le Monde des 5-6 octobre pose ainsi la question dans un article signé Nathaniel Herzberg : « Peut-on fermer un théâtre à Paris ? Peut-on renoncer à certaines salles poussiéreuses pour mieux défendre les lieux les plus dynamiques ou faut-il au contraire défendre chaque scène, au risque de saupoudrer les aides publiques ? » Et le journaliste du Monde de citer Christophe Girard, l’adjoint au maire de Paris chargé de la culture, qui veut agir. « Nous sommes tous d’accord sur l’impossibilité d’empiler toujours plus de subventions », explique ainsi ce dernier avant de souhaiter revoir l’orientation de plusieurs salles. « Une nouvelle période de concertation va s’ouvrir. Avec, si tout se passe bien, au printemps, l’annonce d’une nouvelle géographie théâtrale à Paris », conclut le journaliste du Monde. A suivre...
* Il s’agit du Théâtre Mouffetard (73, rue Mouffetard, 5ème), du Théâtre 13 (24, rue Daviel, 13ème), du Théâtre 14 Jean-Marie Serreau (56, avenue Marc Sangnier, 14ème), du Théâtre Silvia Montfort (106, rue Brançion, 15ème), du Théâtre Paris–Villette (211, avenue Jean Jaurès, 19ème) et du Vingtième théâtre (7, rue des Platrières, 20ème).

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