
- © André Balbo
Souvenez-vous, les carrefours. Il y avait eu une bonne intention ! Pour éviter qu’ils ne se bouchent, on avait matérialisé au sol des bandes jaunes croisées. Elles y sont encore. Les voitures, constatées à l’arrêt au milieu du carrefour, étaient supposées être en faute. Leur conducteur était alors réputé s’être engagé sur le carrefour imprudemment, sans s’être suffisamment assuré de pouvoir le dégager à temps. Cette mesure permettait (aurait permis) alternativement et sans gêne le passage des voitures, la fluidité de la circulation parce que cela empêchait (aurait empêché) le blocage du carrefour.
Inappliquée ! Non sanctionnée ! Aux oubliettes ! Et on peut ainsi constater que les carrefours parisiens demeurent trop souvent inextricables car cette bonne idée n’a jamais été suffisamment défendue. Sanctions de l’idée inappliquée : des retards, de la pollution, de jolis concerts de klaxons, et pas mal d’énervements.
Avant les passages piétons, on peut le constater très facilement, une bande de sécurité est aménagée. Elle doit permettre entre autres aux cyclistes de profiter de l’arrêt des voitures aux feux de signalisation pour changer, éventuellement et à moindre risque, de file.
Cet espace est très clairement matérialisé au sol par des représentations de cyclistes en bandes plastiques blanches. Dans la réalité les automobilistes n’en tiennent absolument aucun compte. Ils s’arrêtent impunément sur cette bande supposée protégée, sans qu’aucune remarque ne leur soit jamais faite par la maréchaussée , et sans qu’aucune sanction ne leur soit jamais appliquée.
La Ligue contre la Violence routière demande qu’en amont du passage piétons, 5 mètres de plus soient accordés. Les voitures ne s’y arrêtant donc pas, cela faciliterait une meilleure vision du piéton. N’oublions pas que notre population vieillit. Cette demande n’est pas si extraordinaire. Une telle mesure est déjà entrée en application avec succès dans des pays comme la Suisse, l’Ecosse ou Singapour nous rappelle la Présidente de la Ligue, Madame Chantal Perrichon.
Pour les mêmes raisons de vieillissement de la population, nos avenues et boulevards devraient être systématiquement dotés de passages piétons en baillonnettes qui permettraient que leur traversée puisse être faite en deux temps, sans qu’il y ait nécessité de se précipiter.
Aux abords immédiats des écoles, des collèges et des lycées, la circulation devrait être ralentie. Effectivement. C’est connu, l’enfant n’est pas toujours un piéton très attentif, et il vaut mieux prévenir que constater. Souvent les riverains observent que, dans ces environnements, la présence de panneaux de limitation de vitesse n’est pas suffisamment dissuasive. Il est fréquent qu’ils demandent la pose de ralentisseurs. L’œil du riverain n’est pas tout à fait dépourvu d’intérêt. C’est souvent lui qui garde en mémoire l’accident stupide, les problèmes répétés sur les mêmes lieux, dans des conditions comparables. On sait que le ralentisseur est « mécaniquement » convaincant pour une voiture comme pour un scooter. On en connaît l’efficacité. Pourquoi ne pas protéger avec de tels moyens les alentours immédiats des lieux scolaires ?
Cette série d’articles sur la voiture (moyen de déplacement égoïste, polluant et décrié, sur ses aspects pratiques, ludiques, philosophiques, sur les types de véhicules de carburation, les rencontres, le piège fiscal que représente la voiture) accueille vos suggestions. Elles seront étudiées à la loupe et susceptibles d’enrichir cette rubrique. A bientôt, andre.balbo@wanadoo.fr
A noter : Le STIF, syndicat des transports en Ile-de-France, vous donne la parole depuis le 7 septembre sur vos déplacements en région francilienne. Un questionnaire (et des prix à gagner) est disponible sur le site www.pduif.fr

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