
- © André Balbo
Pour Jean-Raphaël Altabef, de la Fédération Française des Motards en Colère de Paris Petite Couronne , la gestuelle motarde est aujourd’hui comprise du plus grand nombre. Elle repose sur des nécessités mécaniques. A main droite, le motard a les gaz et le frein avant, à gauche l’embrayage, au pied droit le frein arrière, à gauche le sélecteur de vitesse. En fonction de la manœuvre engagée, il aura donc du mal à vous remercier quand vous le laissez passer sur la route.
Souvent, pourtant, il le fait. Si vous êtes à droite, en tendant la jambe droite ou en faisant un petit signe de tête à droite, et si vous êtes à gauche un petit signe avec le bras gauche, éventuellement le V motard avec deux doigts ou la jambe gauche. Que de la politesse et de la convivialité de partageurs de bitume.
Sur le boulevard périphérique comme sur l’autoroute, les deux files de voitures de gauche laissent maintenant en général l’espace entre elles pour une file de motos. Certains automobilistes poussent même la prévenance jusqu’à clignoter pour signifier qu’ils ont vu le motard et s’écartent dans l’intention de lui laisser le passage. L’attention du motard peut alors se porter sur les voitures suivantes.
Connaissez-vous la concentration nécessaire au motard pour passer dans une telle file ? Tous les détails lui apparaissent : le rétro cassé sur la voiture grise dont le conducteur ne pourra donc pas le voir, dans celle-là ça discute ferme, dans celle-ci le conducteur téléphone et n’a pas l’air de bien surveiller sa trajectoire…
Chaque année, la Préfecture de Police de Paris fait des semaines de campagnes de prévention routière sur le thème du « partage de la route ». Une semaine en septembre et une en mai, et ces semaines-là, on le sent bien, c’est plus détendu sur la route. Ces messages exercent une réelle incidence sur le comportement des automobilistes comme sur celui des motards. Ce serait bien qu’il y en ait davantage.
« Le motard, dans un environnement de voitures, est très fragile. Il est responsable de lui-même et il ne peut y avoir délégation d’attention. » nous dit Jean-Raphaël. « C’est à lui de savoir détecter les signes et prévoir. »
« En conclusion, si je pouvais énoncer deux ou trois suggestions aux automobilistes, je leur dirais de toujours bien penser à mettre leurs clignotants. Et puis bien sûr toujours les mêmes rengaines sur le téléphone portable et même sur le mains libres, mangeurs d’attention. Enfin, souhait ultime : que tout candidat au permis de conduire soit placé théoriquement dans le blouson d’un motard. Ce serait souvent pour lui une révélation, et très utile en terme de prévention. »
Cette série d’articles sur la voiture (moyen de déplacement égoïste, polluant et décrié, sur ses aspects pratiques, ludiques, philosophiques, sur les types de véhicules de carburation, les rencontres, le piège fiscal que représente la voiture) accueille vos suggestions. Elles seront étudiées à la loupe et susceptibles d’enrichir cette rubrique. A bientôt, andre.balbo@wanadoo.fr
A noter : Le STIF, syndicat des transports en Ile-de-France, vous donne la parole depuis le 7 septembre sur vos déplacements en région francilienne. Un questionnaire (et des prix à gagner) est disponible sur le site www.pduif.fr

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