Xavier Darcos propose un verre d’eau pour faire passer la pillule.
Les syndicats d’enseignants ont reçu hier une lettre du ministre de l’Education leur proposant de débattre d’ "améliorations" financières.
Xavier Darcos cherche une sortie de crise dans le bras de fer qui l’oppose aux enseignants depuis plusieurs semaines. Il a donné hier un premier signe aux syndicats d’enseignants en les invitant à ouvrir "un dialogue responsable" sur la question des salaires et des conditions de travail.
Dans ce courrier, le ministre de l’Education estime "possible d’acter des améliorations concrètes en termes de carrière et de pouvoir d’achat, dont nous sommes prêts à débattre avec vous".
Il souhaite que soit "ouvert rapidement" le dossier de la revalorisation de la condition enseignante, qui figurait au programme présidentiel de Nicolas Sarkozy.
Il suggère aussi d’"accompagner l’évolution des conditions d’exercice du métier", en rétribuant mieux l’"investissement" des professeurs.
La lettre n’aborde ni la question des milliers de suppressions de postes à la rentrée, ni l’annonce par le chef de l’Etat du dépôt d’un projet de loi sur le droit à l’accueil dans les écoles primaires les jours de grève, ni les nouveaux programmes du primaire, les trois sujets principaux de mécontentement des syndicats.
"S’il souhaite qu’on en oublie la question des postes, le ministre se trompe. Les collègues sont sensibles à ce qu’on ouvre la question du métier mais les mobilisations sont dirigées par de vraies inquiétudes sur la manière dont va se passer la rentrée", a affirmé à l’AFP Thierry Cadart (Sgen-CFDT).
"La condition enseignante n’est qu’un élément de l’amélioration de l’Ecole et ne répond pas à la question d’améliorer la réussite scolaire à la rentrée", a estimé Gilles Moindrot (SNUipp-FSU, majoritaire au primaire) pour qui la lettre de M. Darcos est "extrêmement décevante" .
Xavier Darcos avait annoncé dimanche soir, dans l’émission d’Europe 1 et TV5 "Le grand rendez-vous", que les organisations syndicales recevraient cette lettre tout en excluant le retrait des projets de réforme du gouvernement "quelle que soit la dimension des manifestations".
20.000 à 45.000 personnes ont manifestés dimanche de 18 mai.
Lundi après-midi, une interfédérale de l’Education a réitéré son appel à faire du samedi 24 mai "une grande journée de manifestations" en France, promettant une nouvelle rencontre sur la suite du mouvement.

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