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L’hôtel de Claude Passart, derrière le nom de Jean Bart

vendredi 6 novembre 2026, par Christian Frank

Au 4 rue Chapon, une demeure de 1620 conserve une cour et des façades classiques sous un nom traditionnel qui ne désigne pas son commanditaire.

L’hôtel de Claude Passart, au 4 rue Chapon dans le 3e arrondissement, est aussi connu sous le nom d’hôtel Jean Bart. Il conserve une architecture du début du XVIIe siècle dans le tissu du Marais.

Claude Passart et Gabriel Soulignac

Sur le panneau de ville qui le commente, vous lirez le nom d’ hôtel Jean Bart. Pourtant, le célèbre corsaire n’y a jamais vécu, il s’agit juste d’une tradition sans fondement. Il fut en fait construit pour Claude Passart, notaire et secrétaire du Roi, entre 1619 et 1620. D’ailleurs, les appartements du premier étage portent encore sur les poutres le chiffre C P du maître d’ouvrage. Ce personnage fut l’homme de confiance du duc Charles de Guise, dit le Balafré, qui habitait non loin le somptueux hôtel de Guise, devenu aujourd’hui l’hôtel de Soubise. Il prit naturellement l’architecte de celui-ci, Gabriel Soulignac pour son projet.

L’hôtel comporte trois corps de logis implantés en U autour d’une cour à l’ouest, et d’un jardin à l’est (vers la rue du Temple). La magnifique façade avec fenêtres à meneaux, frontons courbes et triangulaires, lucarnes que vous voyez très bien de la rue est la façade est. En fait, elle fut complètement parasitée au cours des temps par des constructions ultérieures ; sa reconstitution est donc assez hypothétique mais ne manque pas d’allure.

Le portail, désaxé, est très élégant avec sa frise de métopes et triglyphes, surmontée d’un grand fronton triangulaire. Depuis les espaces dont l’accès est autorisé, on peut observer la belle architecture classique de celle-ci : le corps de logis principal est à droite, tandis qu’en face de vous, l’aile nord, comportait au rez-de-chaussée une galerie (aujourd’hui convertie en bureaux). Au rez-de-chaussée, les façades sont rythmées par des pilastres doubles (sur le corps principal) et des colonnes doriques doubles sur l’aile nord. La frise à métopes et triglyphes qui ceint tout l’édifice (comme celle du portail), à la base du premier étage, est admirable.

Enfin, les boutiques qui occupent le rez-de-chaussée de la façade sur rue ont été ajoutées ultérieurement. La plupart des hôtels parisiens (sauf l’hôtel de Beauvais) comportaient des façades aveugles sur rue.

Une cour et un hôtel protégés

Le ministère de la Culture situe sa construction en 1620. L’inscription aux Monuments historiques de 1984 comprend l’ancien hôtel et sa cour, à l’exception du bâtiment ajouté au XIXe siècle. Les protections et la qualité architecturale ne permettent pas de présumer un droit de visite des espaces privés.

La notice patrimoniale officielle et le diagnostic du plan de sauvegarde du Marais confirment l’identité de cette demeure. Pour prolonger la promenade, l’hôtel de Soubise possède son propre guide.

Références historiques : Guide du Patrimoine Paris ; Le Marais, éditions Parigramme.

Texte historique : Franck Beaumont. Actualisation documentaire : eVous.