Le Palais Rose de l’avenue Foch a disparu en 1969. Cette demeure de Boni de Castellane et Anna Gould, construite de 1896 à 1902, reste un exemple marquant du goût pour Versailles dans les grands hôtels particuliers de la Belle Époque.
Un palais inspiré du Grand Trianon
Castellane fait appel un architecte renommé auprès des grandes fortunes : Paul Ernest Sanson (1836-1918). A Paris, il réalisera notamment les hôtels d’Arenberg, Bischoffsheim, Breteuil, Ephrusi, de Broglie, Ganay, Voguë... Grand admirateur de Versailles, Boni de Castellane lui demande un palais qui soit une adaptation du Grand Trianon, construit en 1687 par Jules-Hardouin Mansart et Robert de Cotte pour Louis XIV. Sanson va exécuter son souhait.
A l’actuel n° 50 de l’avenue Foch, il réalise un palais grandiose qui marqua la Belle Époque : édifié de 1896 à 1902, l’hôtel est conçu en U. Les pilastres de marbre rose présents sur les façades lui ont d’ailleurs laissé son nom (le marbre provenant des mêmes carrières que son modèle versaillais !). L’élément de décor le plus admirable était le grand escalier : fidèle à l’escalier des Ambassadeurs à Versailles, cet escalier de marbre à deux rampes affrontées permettait au maître de maison d’impressionner ses hôtes par tant de faste. C’est d’ici que l’aboyeur annonçait les invités ou que des trompettes d’argent accueillirent les invités le soir de la fête donnée pour les 21 ans d’Anna Gould.
Le vestibule était également très célèbre : voûté en anse de panier avec un décor de Cruchet et de dimensions considérables, il donnait de plain-pied sur la cour mais à un niveau inférieur du rez-de-jardin ; il était entièrement recouvert de marbre polychrome et menait au grand escalier. L’hôtel, qui comportait en tout une centaine de pièces, possédait également un petit théâtre privé de 150 places. Le Palais Rose servit d’écrin à Castellane pour y exposer ses collections de toiles de maîtres et de mobilier XVIIIe.
Un patrimoine conservé par les images
Après la séparation du couple, Anna Gould conserve la demeure. Le palais finit par être démoli et remplacé par un immeuble d’habitation. Il ne constitue donc pas une visite intérieure possible : on découvre surtout son histoire à travers les photographies, les plans et les œuvres qui le représentent.
Le Petit Palais conserve notamment une peinture d’Ernest Jules Renoux, réalisée vers 1908. Depuis les jardins de l’avenue, elle montre la façade au milieu du paysage urbain et des promeneurs. Cette image permet de comprendre l’échelle du palais et son inscription dans les abords du bois de Boulogne.
La notice de Paris Musées documente la peinture et les dates du bâtiment ; la Ville de Paris retrace le destin de ce lieu disparu.
Références historiques de la notice d’origine : Guide du patrimoine ; Les Hôtels particuliers de Paris, d’Alexandre Gady ; Guide du promeneur Paris 16e.
Texte historique : Franck Beaumont. Actualisation documentaire : eVous.