La chapelle des Petits-Augustins, aux Beaux-Arts de Paris, conserve la mémoire de plusieurs manières de regarder les œuvres : le lieu religieux, le musée historique et la collection de modèles pour les artistes.
Alexandre Lenoir et les monuments sauvés
Pendant la Révolution, Alexandre Lenoir rassemble dans l’ancien couvent des monuments et des sculptures provenant notamment d’établissements religieux. Il y ouvre en 1795 le Musée des monuments français. Des tombeaux et des éléments de décor sont ainsi conservés dans un nouvel ensemble, présenté au public selon un parcours historique.
L’entreprise contribue à faire reconnaître la valeur de monuments menacés. Elle transforme aussi leur contexte : une sculpture conçue pour une église ou un tombeau devient une pièce d’un musée. Le lieu permet donc de réfléchir à la fois au sauvetage des œuvres et aux effets de leur déplacement.
Des monuments aux modèles d’enseignement
Le musée ferme en 1816. Les bâtiments de l’ancien couvent sont attribués à l’École des beaux-arts. La chapelle accueille ensuite des moulages et des copies de sculptures et de peintures, employés dans l’enseignement artistique. Les Beaux-Arts y conservent notamment un ensemble consacré au Moyen Âge et à la Renaissance.
Ces copies ne sont pas les tombeaux originaux sauvés par Lenoir : elles répondent à un autre usage, celui de l’étude. La succession des collections explique l’importance de la chapelle dans l’histoire du site, sans la confondre avec le musée installé plus tard au Trocadéro.
Le guide publié par les Beaux-Arts présente l’histoire et les œuvres de la chapelle. La notice institutionnelle des collections précise le devenir des ensembles. L’accès aux espaces de l’école dépend de ses ouvertures et de sa programmation.
Texte historique : Franck Beaumont. Actualisation documentaire : eVous.