Une ancienne limite fiscale de Paris
Cette grande artère avec son terre plein central correspond à l’ancienne zone frontière de Paris, et suit approximativement le tracé de l’enceinte des fermiers généraux. Le sud du vingtième arrondissement appartenait entre autres au village de Charonne. Un grand et large boulevard issu du mur des fermiers généraux en 1789. Aujourd’hui, il délimite le 11e et le 20e arrondissement de Paris et mesure près de 1 344 mètres.
Le vin et les barrières d’octroi
Comme les coteaux de Belleville, ceux de Charonne incitaient le bon peuple à noyer dans le vin les soucis de l’heure présente, débits et guinguettes s’étaient ainsi installés dans cette proche banlieue, à l’abri des taxes parisiennes. La vigne et le vin ont joué un rôle important dans le paysage et l’économie de Paris, le terroir de Charonne en faisant pleinement partie, une commune annexée à Paris en 1860.
En 1785, Louis XVI commença la construction de l’enceinte des fermiers généraux ; cette enceinte fiscale était jalonnée de portes ou barrières d’octroi au passage des routes menant à la capitale. Ces barrières avaient pour objet de forcer les citadins à s’acquitter d’une taxe fiscale sur toutes les denrées alimentaires qui entraient dans la ville. Les fermiers généraux chargés de percevoir les impôts obtinrent la construction de cette nouvelle enceinte pour stopper la contrebande. Ainsi trouva-t-on la barrière de Charonne au croisement de la rue de Charonne et du boulevard de Charonne.
Le boulevard actuel porte ce nom depuis l’arrêté du 30 décembre 1864. Il relie l’avenue du Trône et le cours de Vincennes aux rues de Mont-Louis et Pierre-Bayle, à la limite des 11e et 20e arrondissements.