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Boulevard du Temple

vendredi 6 novembre 2026, par Christian Frank

Le boulevard du Crime fut un haut lieu du théâtre populaire, avant les transformations haussmanniennes de 1862.

Une promenade devenue boulevard du Crime

L’ouverture du Boulevard date de juin 1656 par un Arrêt du Conseil du Roi. C’est en 1670 que le terre-plein longeant le fossé de l’enclos du Temple fut converti en un élégant boulevard planté de plusieurs rangées d’arbres séparés par une allée centrale.
Très rapidement l’endroit devint à la mode et ne tarda pas à se remplir de pâtissiers et de buvettes auxquels s’ajoutèrent baladins et bateleurs pour des parades et bouffonneries .

Aux tréteaux succédèrent bientôt de simples abris de toile, puis des baraques en bois, enfin des constructions en pierre auxquelles oeuvrèrent parfois de célèbres architectes. Jusqu’en 1789 environ, c’était l’époque des pantomimes et arlequinades, animaux savants ou marionnettes.

Puis, avec la Révolution qui ouvre la permission, les théâtres se succèderont et se multiplieront, avec des représentations grandement tournées vers les comédies et mélodrames (d’où l’expression boulevard du crime) avant la transformation du quartier sous le Second Empire.
En 1862, les percements haussmanniens entraînent la démolition de la partie du boulevard où se concentraient les théâtres.

La mémoire des spectacles et des écrivains

Gustave Flaubert séjourna au 42 boulevard du Temple entre 1856 et 1869, plusieurs mois par an.

Le Dejazet est aujourd’hui le dernier théâtre, il évoque la mémoire de ce boulevard qui a connu une incroyable animation de spectacles vivants et de théâtres, et le souvenir du célèbre comédien Frédérick Lemaître. Il conserve le symbole du "Boulevard du Crime", si merveilleusement incarné dans le chef d’oeuvre cinématographique de Marcel Carné avec la complicité de Jacques Prévert : Les Enfants du Paradis (1945).
Donc boulevard du crime, parce que chaque soir au théâtre, se jouaient des scènes de crimes dans les mélodrames.

Aujourd’hui, il ne reste plus que le souvenir de ces innombrables établissements et celui de quelques personnalités marquantes, (directeurs, acteurs, auteurs), qui ont contribué à faire de ce boulevard, pendant un siècle, le haut lieu du spectacle et de la création dramatique.
Le théâtre Déjazet conserve la mémoire de cette histoire. Le Cirque d’Hiver se trouve à proximité, rue Amelot.

Le boulevard actuel mesure 405 mètres entre la rue des Filles-du-Calvaire et la place de la République. Il borde les 3e et 11e arrondissements ; son nom évoque la proximité de l’ancienne commanderie du Temple.