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Le passage du Chantier, une mémoire du bois dans le faubourg Saint-Antoine

samedi 7 novembre 2026, par Christian Frank

Entre la rue de Charenton et le faubourg Saint-Antoine, le passage du Chantier conserve dans son nom la mémoire du bois. Ses bâtiments mêlent les traces de l’habitation, du stockage et du travail.

Un nom lié au bois

Le passage du Chantier relie le 53 rue de Charenton au 66 rue du Faubourg-Saint-Antoine, dans le 12e arrondissement. Son nom conserve le souvenir d’un chantier de bois à brûler, c’est-à-dire d’un lieu de dépôt, dans un quartier marqué par les métiers du bois.

Le faubourg Saint-Antoine s’est développé avec ses menuisiers, ébénistes et fabricants de meubles. Derrière les façades sur rue, les cours et les passages donnaient accès à des parcelles profondes où le travail et le logement s’imbriquaient. Le passage du Chantier aide à comprendre cette organisation urbaine, au-delà de ses pavés et de ses devantures.

Des activités et des logements superposés

À proximité de son débouché, au 68 rue du Faubourg-Saint-Antoine, un immeuble construit en 1891 par Louis Salvan donne une expression particulièrement lisible à cette coexistence. Les grandes baies des niveaux d’activité se distinguent des étages d’habitation placés au-dessus.

L’édifice, protégé par le plan local d’urbanisme, est décrit comme un bâtiment mixte d’activité et de logement. Sa façade rend visibles des fonctions qui, dans d’autres constructions, se dissimulent derrière une apparence plus uniforme. La partie basse a été remaniée par Jean-Michel Wilmotte en 1991.

Le passage et ses abords permettent ainsi de suivre plusieurs échelles du quartier : le front commerçant du faubourg, les accès à l’intérieur des îlots, puis les bâtiments où les ateliers ont trouvé place. Cette profondeur est un trait essentiel du patrimoine artisanal local.

Une voie, des seuils à respecter

Le passage du Chantier est répertorié comme voie publique dans le relevé municipal consulté. Les cours latérales, immeubles et locaux professionnels ont leurs propres conditions d’accès. La présence d’un porche ne signifie pas qu’un intérieur ou un jardin peut être visité.

Une découverte du passage porte donc d’abord sur sa forme urbaine et ses façades. Elle ne suppose ni l’ouverture permanente d’un atelier particulier ni la présence actuelle d’un commerce cité dans un ancien guide.

Histoire du faubourg : Institut Paris Region (PDF) · Statut des voies : relevé municipal (PDF)