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Rue Jean-Pierre-Timbaud

jeudi 5 novembre 2026, par Christian Frank

De la rue d’Angoulême à Jean-Pierre-Timbaud, une voie du 11e arrondissement marquée par l’histoire ouvrière et la mémoire de la Résistance.

Un fondeur et syndicaliste devenu figure de la Résistance

Né le 20 septembre 1904 à Payzac, en Dordogne, Jean-Pierre Timbaud apprend le métier de fondeur avant de travailler dans plusieurs fonderies parisiennes. Fondeur d’art et militant actif, il est nommé secrétaire de la section syndicale de l’entreprise Rudier, puis prend des responsabilités parmi les métallurgistes de la région parisienne : à la CGTU en 1931, puis à la CGT en 1936.

En 1937, il conduit en Espagne une délégation de métallurgistes, qui apporte les fonds recueillis dans les usines parisiennes lors d’une campagne de solidarité avec l’Espagne républicaine. Mobilisé en 1939, il rentre à Paris après sa démobilisation à l’été 1940 et participe à la reconstitution de l’action syndicale clandestine.

Arrêté le 18 octobre 1940, il est interné successivement à Aincourt, à Fontevrault, à Clairvaux, puis au camp de Choisel à Châteaubriant. Il est fusillé avec vingt-six autres otages à la carrière de la Sablière le 22 octobre 1941, en représailles à l’attentat contre l’officier allemand Karl Hotz à Nantes.

De la rue d’Angoulême à la rue Jean-Pierre-Timbaud

L’ancienne appellation rue d’Angoulême rappelait le duc d’Angoulême, fils aîné de Charles X et grand prieur du Temple. Le nom actuel a été attribué en deux temps : par l’arrêté du 18 décembre 1944 pour la plus grande partie de la voie, puis par celui du 7 juillet 1945 entre les boulevards du Temple et Voltaire.

Longue de 1 150 mètres, la rue relie le boulevard du Temple au boulevard de Belleville, dans le 11e arrondissement. La Maison des Métallos rappelle l’histoire ouvrière et syndicale de cette artère commerçante.