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Musée Jacquemart-André : expositions et programme 2026–2027

Expositions et rendez-vous jusqu’au 31 janvier 2027

vendredi 23 octobre 2026

Dans l’hôtel particulier d’Édouard André et de Nélie Jacquemart, les peintures italiennes, françaises et nordiques côtoient meubles et objets d’art. L’exposition consacrée à Tintoret, les soirées d’opéra et les parcours en famille offrent plusieurs façons de découvrir cette demeure du boulevard Haussmann.

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Exposition et activités autour de Tintoret

Exposition en cours au

Éternel Tintoret

Peintre de la Renaissance vénitienne, Jacomo Robusti, dit Tintoret (1518/19–1594), construit ses scènes par des perspectives obliques, une lumière contrastée et une touche rapide. L’exposition rassemble une quarantaine de peintures et d’œuvres graphiques pour parcourir sa carrière et comprendre la place qu’il a prise, bien après sa mort, dans la peinture française du XIXe siècle.

Le parcours suit plusieurs thèmes plutôt qu’une simple succession de dates. Les grandes scènes religieuses en constituent un point d’entrée : Le Miracle de saint Augustin (1547–1549), prêté par le Palazzo Chiericati de Vicence, et La Trinité (vers 1561–1562), venue de la Galleria Sabauda de Turin, montrent comment le peintre transforme le récit sacré en action dramatique.

Le parcours fait aussi dialoguer deux traditions : le dessin et les corps sculpturaux associés à Michel-Ange, d’une part, la couleur vénitienne de Titien, d’autre part. Les œuvres réunies invitent à suivre les choix de composition, les raccourcis et les effets lumineux qui donnent leur mouvement aux figures. La postérité française de Tintoret invite enfin à regarder son œuvre à travers les peintres du XIXe siècle.

Billet commun avec les collections ; tarifs et horaires dans les informations pratiques.

Présentation de l’exposition Éternel Tintoret

Autour de l’exposition

  • Visite guidée avant l’ouverture. Du 14 septembre 2026 au 24 janvier 2027, selon les créneaux proposés : visite en français à 9h, accueil à 8h45, durée 1h15. Tarif : 45 €. Réservation obligatoire. Créneaux de la visite VIP
  • Rivalités à Venise. Conférence en français le 5 novembre 2026 à 8h30, durée deux heures. Réservation obligatoire ; le billet de conférence ne donne accès ni au musée ni à l’exposition. Tarif à consulter à la réservation. Programme et réservation des conférences
  • Tintoret et les opéras de Verdi. Le cycle La Traviata et Rigoletto se déroule du 10 octobre au 19 décembre 2026 dans les salons. La formule exposition + spectacle donne accès à Tintoret dès 19h30 ; les autres spectateurs entrent à 20h. Début de l’opéra à 20h30.
    La Traviata : 24 et 31 octobre ; 7, 15 et 28 novembre ; 5, 13 et 19 décembre 2026.
    Rigoletto : 21 novembre et 12 décembre 2026.
    Soirée opéra : 200 €, avec une coupe de champagne et l’accès aux collections du rez-de-chaussée ; formule avec exposition : 230 €. Réservation obligatoire. Calendrier et réservation des soirées Verdi
  • Observer les œuvres en famille. Un livret-jeux spécifique aux expositions accompagne les 7–12 ans. L’application gratuite propose aussi une vingtaine de commentaires sur l’exposition en français et en anglais. Parcours audio et livrets-jeux

Rendez-vous au musée

Bal costumé à venir au

Une nuit à la Belle Époque

Pour les 150 ans de l’inauguration de l’hôtel André, un bal costumé fait revivre les réceptions de la demeure. Le parcours et les animations évoquent la vie du couple autour d’un cocktail dînatoire, avant l’ouverture de la piste de danse.

Du samedi 14 novembre à 20h au dimanche 15 novembre à 2h ; animations jusqu’à 23h, puis danse. 250 € par personne, dîner cocktail et coupe d’accueil inclus ; autres boissons payantes.

Costume Belle Époque (1876–1912) à revêtir avant d’arriver : aucun espace pour se changer. Réservation depuis le programme. Accès au musée.

Programme et réservation du bal costumé

Jeu dans les collections, en cours au

Jeu d’investigation

Dans une intrigue située en 1882, Nélie imagine des énigmes pour Édouard André. Les joueurs cherchent des indices dans le musée et déchiffrent des codes pour retrouver une treizième œuvre.

Dès 13 ans, par équipe de une à cinq personnes ; téléphone portable nécessaire. Durée : une heure. Dernier créneau 1h30 avant la fermeture. À partir de 19 €. Choisir son créneau à la réservation. Horaires et accès.

Présentation et réservation du jeu d’investigation

Enfants, sur réservation au

Un anniversaire au musée, de 4 à 12 ans

Les 4–6 ans choisissent une visite avec construction KAPLA ou une chasse au trésor sur les animaux. Les 7–12 ans peuvent copier au pastel un portrait ou une nature morte, ou mener une chasse aux énigmes. Le parcours se termine par un goûter.

Mercredi, samedi et dimanche, selon disponibilités ; départ à 14h15, 15h ou 15h45. Durée : deux heures. 350 € pour un groupe de dix enfants maximum, d’une même tranche d’âge. Réservation obligatoire. Accès au musée.

Parcours et conditions des anniversaires · Réservation des anniversaires

Pour une visite en famille sans fête privée, l’application gratuite comprend une enquête sur un tableau volé, et le livret-jeux du musée est offert aux 7–12 ans. Aides à la visite en famille

Les collections de Jacquemart-André

Le musée réunit peintures, sculptures, mobilier et objets d’art dans le cadre de l’ancienne demeure des collectionneurs. L’art français du XVIIIe siècle, la peinture nordique et la Renaissance italienne en sont les principaux repères. Les collections comprennent notamment des œuvres de Fragonard, Chardin et Rembrandt, ainsi que de Botticelli, Uccello et Mantegna.

Parmi les œuvres emblématiques figurent Les Pèlerins d’Emmaüs de Rembrandt, Saint Georges terrassant le dragon d’Uccello et les décors de Tiepolo. Les salons, le jardin d’hiver, l’escalier et le musée italien permettent de découvrir ensemble l’art de collectionner et l’organisation d’une demeure du XIXe siècle.

Œuvres des collections · Présentation des espaces du musée

L’hôtel particulier et le couple Jacquemart-André

Édouard André, héritier d’une famille de banquiers, fait construire cet hôtel du boulevard Haussmann par Henri Parent entre 1869 et 1876. En retrait de la rue, la demeure s’organise autour de salons de réception, d’un jardin d’hiver et d’un escalier à double révolution.

Il épouse en 1881 la portraitiste Nélie Jacquemart, qui avait réalisé son portrait en 1872. Leurs voyages, notamment en Italie, nourrissent les collections installées dans la maison. Après la mort d’Édouard en 1894, Nélie poursuit ses acquisitions. Son legs à l’Institut de France en 1912 permet l’ouverture du musée en 1913.

Histoire du musée et de ses collectionneurs

Préparer sa visite

Adresse : 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris. Téléphone : 01 45 62 11 59.

Horaires : du lundi au jeudi, 10h–18h ; vendredi, 10h–22h, puis 10h–21h à partir du 13 novembre ; samedi et dimanche, 10h–19h. Fermeture exceptionnelle à 18h le 14 novembre et le 25 décembre 2026, ainsi que le 1er janvier 2027. Dernière admission 30 minutes avant la fermeture.

Collections et exposition : 19 € en plein tarif ; 18 € pour les plus de 65 ans ; 16 € pour les bénéficiaires du tarif réduit (étudiants, porteurs du Pass Éducation, demandeurs d’emploi et 19–25 ans) ; 10 € pour les 7–18 ans. Tarif famille : 51 € pour deux adultes et deux enfants de 7 à 18 ans. Gratuit pour les moins de 7 ans et les personnes titulaires d’une carte d’invalidité avec leur accompagnateur, sur justificatif. D’autres gratuités sont détaillées dans les tarifs du musée.

Le billet en ligne demande un créneau d’entrée par quart d’heure ; le temps de visite reste libre. L’application de visite est gratuite, l’audioguide coûte 4 €.

Tarifs et conditions de gratuité · Billetterie du musée · Application et audioguide

Accès : métro Miromesnil (lignes 9 et 13), Saint-Augustin (ligne 9) ou Saint-Philippe-du-Roule (ligne 9) ; RER A à Charles-de-Gaulle–Étoile. Bus 22, 28, 43, 52, 54, 80, 83, 84 et 93. Station Vélib’ rue de Berri ; parking Haussmann-Berri.

Accessibilité : un ascenseur dessert les étages. Les poussettes doivent rester à l’entrée ; les valises sont interdites.

Horaires détaillés, accès et accessibilité

Le Nélie et la librairie-boutique

Le Nélie, restaurant-salon de thé, occupe l’ancienne salle à manger. Brunch le week-end de 11h à 14h30 ; horaires et fermetures exceptionnelles à consulter avant de venir. La librairie-boutique suit les horaires du musée et dispose d’un accès indépendant.

L’histoire d’une famille de banquiers protestants : les André

La famille André est originaire de Nîmes et appartient à la haute bourgeoisie protestante. A l’origine, sa fortune s’est bâtie sur le commerce de la soie. Ainsi en 1600, David André est marchand teinturier à Nîmes. Le commerce de la soie sera développé par cette famille entre Nîmes, Gênes et Genève, notamment grâce à de judicieuses alliances. Jusqu’au début du XIXe siècle, les André se contentent de cette activité de négoce. Ainsi, ce sont les André qui fourniront au créateur de Jean Levis Strauss la serge de coton « de Nîmes » pour la fabrication de jean, lui ayant d’ailleurs laissé le nom, le « denim ».

Mais le nouveau siècle qui démarre offre des ambitions bien plus grandes aux hommes entreprenants. C’est Dominique André (1766-1844) qui s’associe en 1808 avec François Cottier pour fonder la maison André & Cottier, d’abord une maison de négoce puis petit à petit une banque importante basée à Paris. Cette maison participera notamment à la création de la Caisse d’Epargne et de Prévoyance ou de compagnies d’assurance comme la Royale.

Mais Paris est également un lieu de spéculation immobilière très rentable à cette époque. Le banquier Dominique André participe activement au lotissement d’un nouveau quartier en vogue : le « nouveau quartier Poissonnière » situé dans l’actuel 10e arrondissement, entre la rue du faubourg Poissonnière à l’ouest, la rue du faubourg Saint-Denis à l’est, la rue de Chabrol au nord, la rue de Paradis au sud. Il s’est associé à François Cottier, au banquier Jacques Laffite, à l’architecte Constantin (le principal investisseur et bâtisseur de la Nouvelle-Athènes) et au duc de Bassano.

L’un de ses fils, Ernest André (1803-1864) sera à son tour un puissant banquier et homme politique français. Il épouse d’ailleurs Louise Cottier, la fille de l’associé de son père, François Cottier, devenu Régent de la Banque de France. Député du Gard, il est directeur de la Caisse d’Epargne en 1856.

Mais c’est son fils Edouard André (1833-1894) et l’épouse de celui-ci, Nelly Jacquemart (1841-1912), qui vont le plus marquer le paysage parisien avec leur somptueuse demeure, l’hôtel Jacquemart-André. D’abord officier dans l’armée, Edouard André en démissionne à l’âge de 30 ans. Député du Gard de 1864 à 1870, héritier d’une immense fortune, il décide de se consacrer à sa passion : collectionner meubles, tableaux et objets d’art. En 1868, il demande à l’architecte Henri Parent de lui dessiner un somptueux hôtel particulier sur un terrain situé sur le boulevard Haussmann. Il y place ses collections.

Parent a réalisé une demeure classique inspiré du XVIIIe siècle, comme souvent sous le Second Empire. Construit sur une terrasse dominant très agréablement le boulevard Haussmann, l’hôtel comporte un avant-corps central aux fenêtres cintrées et deux pavillons donnant sur le jardin (côté boulevard). Le pavillon de droite permet d’accéder par une porte cochère à une rampe qui monte vers l’entrée principale, située dans la cour placée à l’arrière. L’ancien manège et les écuries qui accompagnaient l’hôtel ont été remplacés par un immeuble sans caractère. Au rez-de-chaussée, les André menaient une vie brillante dans les salons de réception : le vestibule débouche dans le grand salon, par des portes sculptées du XVIIIe siècle. Dans la partie centrale au premier étage sur cour, on identifie facilement l’ancien atelier de peinture de Mme Jacquemart-André. Précédé d’un jardin d’hiver, le grand escalier à deux volées en spirale et colonnes de marbre est grandiose ; il est couronné d’une fresque des Tiepolo, la Réception d’Henri III par Federico Contarini.

Au premier étage, le couple avait placé ses collections italiennes, très célèbres, de peintures de la Renaissance (Pontormo, Schiavone, Uccello, etc). Mais la demeure est surtout remarquable par ses collections d’art français du XVIIIe siècle : peintures de Chardin, Fragonard, David, Greuze, Nattier, Watteau, etc ; sculptures de Coysevox, Pigalle, Bouchardon, Clodion, Coustou, Pajou, etc ; mobilier et sièges. La peinture hollandaise et les primitifs flamands sont également très bien représentés :
Rembrandt, Ruysdael, van Goyen, Van der Weyden, Memling, Metys, Van Dyck.

En 1872, Edouard André devient président de l’Union centrale des Arts décoratifs. En 1881, il épouse la peintre Cornelia Jacquemart (1841-1912), qui se faisait prénommer « Nelly  ». La peintre avait fait sa connaissance dès 1872, chargée de faire le portrait de cet héritier de la finance. Le couple voyage beaucoup, notamment en Italie, et projette d’installer plus tard dans leur hôtel un musée de peintures et d’arts décoratifs.

Après la mort d’Edouard André survenue en 1894, son épouse continue à se constituer une collection grandiose. En 1902, elle rachète l’abbaye de Chaalis, où elle sera inhumée après son décès en 1912. Sans enfants, le couple avait décidé de léguer ses biens à l’Institut de France. Ce que fit Nelly Jacquemart-André contre la volonté de sa belle-famille. Dès 1913, le musée Jacquemart-André ainsi que l’abbaye de Chaalis sont ouverts au public.

Comme à l’hôtel Nissim de Camondo, les oeuvres conservées à l’hôtel Jacquemart-André le sont dans leur cadre originel. Ce musée est un précieux témoin de l’art de collectionner à la fin du XIXe siècle, particulièrement bien représenté dans le 8e arrondissement.

Franck Beaumont

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158 Boulevard Haussmann 75008 Paris